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Le défi migratoire

Comment le multiculturalisme fracture la nation


Si se poursuit la tendance actuelle, dans la deuxième moitié du XXIe siècle, la majorité des naissances surviendront dans des familles d’origine maghrébine ou susbsaharienne cependant que déclineront fortement les naissances proprement européennes. C'est la conjonction d'une pression migratoire soutenue par la persistance d’une fécondité explosive dans le Sahel (6 enfants par femme) et d'une fécondité européenne très inférieure au seuil de renouvellement. Celle-ci est en passe de s’effondrer davantage encore avec le refus de la maternité chez des femmes toujours plus aliénées par le consumérisme de court terme. D’ores et déjà, très peu de septuagénaires européens peuvent, en France comme ailleurs, s’honorer d’une descendance complète (au moins quatre petits-enfants).

Le remplacement est pour l'heure silencieux et tranquille. Plusieurs sociétés, l'une européenne, les autres africaines, se constituent côte à côte avec des contacts limités au minimum et sans presque se voir.

Les bourgeois européens ne connaissent les immigrés que sous la forme de serviteurs : plongeurs dans les restaurants, garde-malade, domestiques, vigiles, manoeuvres… Ils ont avec eux des rapports courtois et des échanges ni plus ni moins approfondis qu'avec leurs animaux de compagnie, chiens ou chats.

Planète Urgence, 2005Les plus généreux, qui ont hérité de leurs aïeux les préceptes évangéliques, se soucient d'« aider les Hommes et protéger la Nature » comme sur l’affiche ci-contre, qui met sur le même plan petits Africains et espèces sauvages ! Les plus jeunes et les plus audacieux, pétris de bonnes intentions, s'entêtent à éduquer les enfants des « quartiers », en dignes continuateurs des hussard noirs de Jules Ferry, ces instituteurs qui partaient au fin fond de l'Algérie ou de l'Afrique « civiliser les races inférieures ». Les mots ont changé. Les lieux aussi. À Lambaréné et Tuléar se sont substitués Clichy et Vénissieux. Mais les intentions, elles, n'ont pas changé. Les déconvenues non plus.

Dans les quartiers et les contrées où les classes laborieuses européennes restent majoritaires, celles-ci se sortent plutôt bien de la cohabitation avec les populations d’immigration récente et ces dernières ont la satisfaction de pouvoir s’assimiler à la société française. Mais cette situation irénique, qui était encore la norme à la fin du XXe siècle, est compromise par l’extension en tache d’huile des diasporas et colonies intérieures.

Dans ces lieux où les jeunes Européens sont en situation très minoritaire, ceux-ci n’ont d’autre choix que de renoncer à leur héritage culturel et se conformer au modèle dominant, avec ses bandes, ses codes, son langage, son indiscipline et sa violence. Les jeunes filles, plutôt que de risquer l’exclusion avec un compagnon européen, choisissent assez naturellement la sécurité, pour elles-mêmes et leurs enfants à venir, avec un compagnon de l’ethnie dominante africaine.

Les immigrés les mieux intentionnés voient eux-mêmes avec terreur s’éloigner la perspective de l’assimilation et craignent de retrouver dans le pays de leurs rêves les travers de leur pays d’origine. Le quartier Saint-Charles à Marseille ou le quartier de la gare de Sarcelles ressemblent aujourd’hui davantage à une ville maghrébine ou sahélienne que française.

Faute de lucidité et surtout de courage, la classe politique dilapide son énergie et les ressources des contribuables dans la gestion au jour le jour de la poussée migratoire à laquelle elle s'est résignée. Plus question de faire rêver les citoyens avec la promesse d’un futur rayonnant ! Dans une morosité croissante, il s’agit seulement de ralentir la spirale du sous-développement. La police, les services sociaux, l’éducation prioritaire ainsi que les départements de Seine-Saint-Denis et Mayotte sont le tonneau des Danaïdes dans lequel sont dépensés en pure perte toujours plus d’argent, cependant que les classes laborieuses n’en finissent pas d’être pressurées et que se racornissent les services publics et le modèle social qui garantissaient l’union nationale.

À moins d'un changement drastique de politique, la seule question qui vaille est : jusqu’où les classes privilégiées devront-elles militariser la société pour résister à la poussée migratoire ? Jusqu’à quand pourront-elles sauvegarder la prospérité de leurs enclaves face à celle-ci ?

Publié ou mis à jour le : 2020-11-05 16:08:39

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