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Faillite de la gauche

La gauche « morale » au service de la finance


La gauche, en ce XXIe siècle, a tourné le dos aux enjeux fondamentaux de la politique : garantir l’indépendance et la prospérité de la nation, protéger les citoyens les plus faibles ou les plus humbles contre les abus des puissants. C’est que depuis la dernière guerre, deux générations ont vécu dans la paix et l’opulence. Elles en sont venues à oublier que celles-ci étaient le produit d’un État fort et d’une nation unie et solidaire.

Considérant bien à tort que la prospérité commune, la paix civile et l’indépendance étaient définitivement acquises, les gens “de progrès”, donc de gauche, ont délaissé les attributs de la souveraineté, à commencer par la monnaie. Ils ont surtout mis en avant les droits de l’individu au détriment de l’État de droit. Fait proprement incroyable : on voit des individus déférer l’État devant des tribunaux ; une ineptie juridique qui bafoue la démocratie car elle revient à ce qu’un élément du tout (le citoyen) conteste devant un tiers non élu (un tribunal national, le Conseil constitutionnel ou une cour européenne) une décision prise de façon démocratique par les représentants du tout (le Peuple souverain).

Dans un système qui se voudrait démocratique, tout citoyen qui aurait un différend avec l’administration devrait en référer uniquement devant le tribunal administratif et celui-ci, soit débouterait le plaignant, soit lui donnerait raison en condamnant un ou des agents de l’État pour manquement à leurs obligations, soit encore attribuerait le différend à une malformation de la loi et exigerait du Parlement que celle-ci soit révisée sans délai. Voilà ce qui fait la différence entre un État de droit et le brouillamini actuel.

D’un point de vue proprement idéologique, les gens de “progrès” ont délaissé les enjeux collectifs autour de la communauté nationale pour ne plus considérer que les revendications individuelles et communautaires. Il s’agit que ces revendications soient satisfaites, même quand elles viennent en contradiction avec les enjeux fondamentaux de la politique : l’indépendance et la prospérité de la nation.

C’est ainsi que le Conseil constitutionnel en est venu à tordre le droit et violer la Constitution en prétextant que le mot “fraternité” inscrit dans la devise nationale donnait licence à tout citoyen d’aider un quelconque étranger à s’établir sur le territoire national ; c’est oublier que la fraternité républicaine est restreinte au cadre national et qu’au demeurant, elle n’a rien à voir avec la charité : la fraternité est une relation d’égal à égal, c’est une poignée de main ; la charité est par nature inégalitaire, c’est une main qui donne et l’autre, en-dessous, qui reçoit. Celui qui fait passer illégalement un étranger en France n’est pas fraternel mais se veut seulement charitable ou compatissant.

En légitimant aujourd’hui la destruction de l’État et de la Nation, au profit d’un monde communautarisé et soumis aux firmes multinationales, la gauche française et occidentale s’inscrit dans une tradition bi-séculaire qui est de toujours “s’inscrire dans le vent de l’Histoire” : conquérante et terroriste sous la Révolution, coloniste sous la IIIe République, eugéniste et anticléricale au début du XXe siècle etc.

Publié ou mis à jour le : 2021-01-04 21:41:24

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