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Le mal invisible

Gilets jaunes : la faute l'euro !


Cr il y a dj vingt ans, l'euro tmoigne de la virtuosit technique de ses concepteurs. C'est une monnaie de rserve qui bnficie de la confiance des banquiers et offre en consquence des taux d'escompte avantageux.

Mais la monnaie unique a aussi un effet ravageur sur l'activit relle en supprimant toutes les barrires intrieures. Les investissements agro-industriels se sont concentrs sur la rgion dj la plus solide, savoir l'Allemagne et l'ancienne zone mark, au dtriment des autres rgions...

La dsindustrialisation acclre de la France en est la consquence. La baisse de ses capacits de production et de ses exportations oblige Paris emprunter, s'endetter et rduire ses dpenses. D'o l'explosion de colre des Gilets jaunes. Les actifs mais aussi les retraits et les pargnants ont encore beaucoup perdre avec l'euro!

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Ils ne veulent rien comprendre ! Classe politique et journalistes commentent à longueur d'antenne les émeutes populaires et le soulèvement désespéré de la « France périphérique ». D'un côté, ils incriminent ad nauseam les contradictions des pauvres qui se plaignent de trop d'impôts et pas assez de services publics, de l'autre l'incurie des gouvernants français qui n'en finissent pas d'augmenter les impôts, les dépenses et la dette publique jusqu'à battre des records mondiaux en ces domaines.

Tout cela est vrai... et faux à la fois. Chacun convient que les classes moyennes se prolétarisent et que l'État dépense toujours davantage. Encore faut-il en comprendre la raison. Mais nos hommes politiques s'en montrent incapables. Aussi leurs discours sur la rationalisation des services publics et des administrations restent-ils sans effet. C'est qu'une force surpuissante réduit leurs efforts à néant et, depuis deux décennies déjà, détruit méthodiquement tout ce qui a fait la prospérité et le rayonnement de la France.

Cette force, à laquelle nous nous sommes soumis au point de l'avoir intégrée à notre nature et de ne plus même la voir à l'oeuvre, a un nom : la monnaie unique, l'euro.

Déjà, vous vous récriez : « souverainisme, populisme, archaïsme, fermeture !... Comment des êtres sensés peuvent-ils s'opposer à la monnaie commune, garante de paix et de prospérité ? » Mais laissons de côté les incantations morales et les formules convenues et méfions-nous des fausses évidences (qui imaginait, il y a 500 ans, en voyant le Soleil se lever à l'Est et se coucher à l'Ouest, qu'en fait, c'était la Terre qui tournait autour de lui ?).

Prenons le temps de réfléchir sur la nature de la monnaie. La monnaie est un catalyseur des échanges et rien d'autre. Elle doit être traitée comme tel et non pas comme un pis-aller pour faire avancer la construction européenne quand celle-ci patine sur des enjeux proprement politiques : préférence communautaire, diplomatie, défense etc. Nous comprendrons ci-après pourquoi la monnaie unique est une ineptie intellectuelle.

Pourquoi la chute ?

Depuis plusieurs siècles, il est de bon ton de dénoncer en France le poids de l'État et de l'administration. De fait, l'ancienne monarchie n'a eu de cesse de renforcer la centralisation et l'administration pour mettre à la raison les grands féodaux et souder des populations aussi différentes que les Bretons, les Flamands, les Provençaux, les Gascons etc. Cet État et cette administration ont permis à la France de devenir une grande nation et de le rester jusqu'à la fin du XXe siècle.

Au tournant de l'An 2000, la France présentait une situation relativement saine : chômage en recul, balance commerciale peu ou prou équilibrée, y compris avec l'Allemagne, endettement modéré... L'industrie et le commerce étaient portés par la croissance mondiale et l'ouverture des marchés chinois et asiatiques. Le pays produisait autant de voitures que l'Allemagne et exportait sur tous les marchés mondiaux les produits industriels et agro-alimentaires qui ont toujours fait sa réputation ; ses entreprises rachetaient à tout va leurs concurrents étrangers.

Les autres pays de l'Europe méditerranéenne bénéficiaient également d'une situation très favorable. Le petit Portugal lui-même prospérait dans les industries du cuir ou encore le moulage plastique etc.

Que s'est-il donc passé ensuite pour que tout chavire ?

• Nos gouvernants, nos fonctionnaires et nos entrepreneurs ont-ils été frappés d'une mystérieuse maladie dégénérative qui aurait subitement aggravé des faiblesses (centralisme et bureaucratie) dont la France s'était merveilleusement accommodée pendant quelques siècles ? Cela paraît invraisemblable et reste à démontrer.

• Nos entreprises ont-elles été victimes de la concurrence déloyale des entreprises d'État chinoise après que la Chine communiste a obtenu en 2001 d'entrer dans le club libre-échangiste de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ? Oui, sans doute, et tant pis pour nos industries textiles.

Mais la mondialisation et le dumping chinois n'expliquent pas que notre principal déficit commercial se fasse aujourd'hui non avec la Chine mais avec « notre amie » l'Allemagne et les Pays-Bas. Elles expliquent encore moins que l'Allemagne des frimas et des sols pauvres ait écrasé la France dans l'un de ses domaines d'excellence, les exportations agro-alimentaires !

• Avons-nous été incapables de surmonter la crise des subprimes de 2008 ? Sans doute. Mais il est à noter que la crise est née aux États-Unis et que ceux-ci l'ont très vite surmontée. Ils ont pour cela injecté des dollars dans l'économie en usant et abusant du statut de monnaie de réserve dont jouit le dollar.

Les Européens n'ont pas eu les mêmes facilités et, surtout, la crise a mis à jour les faiblesses inhérentes de l'Union européenne et de la zone euro. Elle est survenue alors que l'Allemagne avait déjà refait ses forces après la coûteuse phase de réunification, entamée en 1991.

Les États méditerranéens, fragilisés par la crise, ont dû emprunter massivement pour se maintenir et ne pas désespérer leurs citoyens. Ce fut le début de la « Grande Divergence » : d'un côté se renforcent l'Allemagne et l'ancienne « zone mark » qui bénéficient déjà des industries les mieux armées pour l'exportation ; de l'autre s'affaiblissent les États les plus fragiles. Ceux-là sont forcés d'accroître chaque année un peu plus la pression fiscale sur leurs entreprises et leurs habitants pour éviter de trop emprunter à l'extérieur.

Ainsi la crise de 2008 a-t-elle déclenché au sein même de la zone euro une guerre économique plus impitoyable qu'aucune autre. Les Grecs ont caricaturé la chancelière allemande en Führer avant de se résigner à passer sous les fourches caudines des banquiers. Les Italiens se sont soulevés à leur tour avec également pour cible l'Allemagne trop riche et trop arrogante. Les Français, enfin, entrent en insurrection en 2018 en se gardant toutefois d'incriminer l'Allemagne pour ne pas réveiller d'anciens démons.

Nous en sommes là, avec un état des lieux radicalement opposé à ce que laissaient espérer les propagandistes de la monnaie unique, qui promettaient le rapprochement des niveaux de vie et une prospérité équitablement partagée. Les raisons de cet échec tiennent à la nature profonde de la monnaie...

Le secret est dans la monnaie

Jusqu'au XIXe siècle, faute de mieux, la monnaie était dans tous les pays faite d'or ou d'argent. La valeur des pièces était indexée sur leur poids en métal précieux. Le monde entier était donc à peu de chose près assimilable à une zone monétaire unique. Mais à la grande différence de l'actuelle zone euro, chaque pays protégeait ses productions et son commerce par des barrières douanières et des règlements discriminatoires à l'égard des produits étrangers.

À la fin du XXe siècle, avec la dématérialisation des monnaies et la fin de l'indexation du dollar sur l'or, les monnaies sont devenues pleinement conformes à leur vocation de catalyseur et régulateur des échanges. Elles se sont mises à « flotter » plus ou moins librement.

- Les échanges s'équilibrent grâce à l'ajustement des monnaies entre elles :

Le principe de régulation est le suivant :

• Dans chaque pays, les importateurs rémunèrent les vendeurs étrangers avec la monnaie nationale,

• Comme les vendeurs étrangers ne peuvent rien faire avec cette monnaie qui n'a pas cours chez eux, ils s'adressent à leur banque pour la convertir dans leur propre monnaie,

• De leur côté, les exportateurs reçoivent des devises étrangères en contrepartie de leurs ventes et eux aussi s'adressent à leur banque pour convertir ces devises dans leur propre monnaie,

• Les banques des différents pays se mettent en rapport les unes avec les autres pour échanger les devises qu'elles ont reçues de façon à restituer aux exportateurs et aux vendeurs étrangers de l'argent dans leur monnaie respective.

Le taux de conversion entre les monnaies résulte tout naturellement de cette transaction : à titre d'exemple, si les exportateurs britanniques présentent 100 euros à leur banque et les exportateurs européens 50 livres sterling, il s'ensuivra par compensation un taux de change de 2 euros pour une livre. Insistons là-dessus : il n'est pas possible qu'il en soit autrement. 

• Si les échanges entre les zones monétaires considérées restent stables, le taux de change n'a pas de motif de changer,

• Mais si les importations britanniques doublent subitement en valeur et creusent le déficit commercial du Royaume-Uni, les exportateurs européens présenteront 100 livres à leur banque et recevront 100 euros en contrepartie, ce qui équivaudra à un taux de change d'un euro pour une livre.

Sur cette nouvelle base, dans la période suivante :

• Les acheteurs britanniques verront doubler le prix des produits européens exprimé en livres ; pour tel article de dix euros par exemple, ils devront débourser dix livres au lieu de cinq précédemment. Ils tendront à se détourner de ces produits,

• À l'opposé, les acheteurs européens verront diminuer de moitié le prix des produits britanniques exprimés en euros et se jetteront dessus,

• Il s'ensuivra un nouveau taux de change conforme à un nouvel équilibre, tel que la valeur des importations britanniques égale celle des importations européennes.

On voit par là que dans un monde monétaire libre de toute pression étatique, les taux de change des monnaies s'ajustent au jour le jour de façon que s'équilibrent les échanges commerciaux entre les pays.

- Entraves étatiques à l'auto-régulation des échanges monétaires :

L'expérience montre que cette auto-régulation peut être altérée et manipulée de diverses façons par les États.

En premier lieu, pour éviter des fluctuations trop fréquentes du cours de leur monnaie, les États tendent à les stabiliser par le biais de leur Banque centrale : celle-ci pioche dans ses réserves de change (or ou obligations étrangères) pour racheter la monnaie nationale sans céder de devises étrangères ou, au contraire, achète de l'or ou des obligations avec les devises qui lui ont été confiées de façon à ménager sa propre monnaie.

Si les déséquilibres commerciaux perdurent, la Banque centrale se résigne à un ajustement monétaire convenable pour ne pas épuiser ses réserves de change. Elle réévalue officiellement le cours de sa monnaie à la hausse ou à la baisse (dévaluation). Avertis que la Banque centrale soutiendra ce nouveau cours avec ses réserves, les boursicoteurs sont de la sorte dissuadés de spéculer sur sa monnaie.

Soulignons qu'on ne dévalue pas une monnaie pour le plaisir. Les dévaluations « compétitives » n'ont jamais existé... sauf dans le cadre du Système Monétaire Européen (SME) des années 1990, car ce dispositif limitait de façon contraignante les fluctuations entre les monnaies, ce qui faisait le jeu des spéculateurs.

La principale distorsion monétaire, aujourd'hui, est constituée par le statut particulier du dollar. Les bons du Trésor américains exprimés en dollars font office de « réserve de change » à l'égal de l'or, du fait de la confiance quasi-illimitée des investisseurs dans la puissance américaine, garante de l'ordre mondial. Du coup, depuis les années 1970, le gouvernement américain emprunte sans compter et vit à crédit. Cet argent qui ruisselle sur la société américaine se solde par des importations massives que rien ne vient compenser. L'attrait irrationnel des investisseurs pour le dollar empêche une dévaluation qui restaurerait l'équilibre de la balance commerciale...  

La Chine populaire manipule quant à elle la monnaie de façon plus subtile depuis trois décennies : les banques d'État chinoises retiennent la plus grande partie des devises étrangères encaissées par les exportateurs chinois ; au lieu de les convertir en monnaie chinoise et en faire profiter lesdits exportateurs, elles les placent directement en bons du Trésor américains, avec une double conséquence :
• Ces placements permettent aux Américains de continuer à acheter tant et plus de produits chinois à bas prix, via les dépenses à crédit de l'État américain,
• Ces placements empêchent la devise chinoise de se réajuster à la hausse et permettent ainsi de maintenir les prix chinois à un niveau artificiellement bas, avec pour seul inconvénient de freiner l'amélioration du niveau de vie des travailleurs chinois (ce n'est pas un problème dans un régime dictatorial).

Cela mis à part, en s'ajustant librement les unes par rapport aux autres, les monnaies suffisent à équilibrer les échanges commerciaux. Elles rendent inutiles les droits de douane traditionnels. Ceux-ci étaient pertinents quand tout le monde se référait à l'or comme unité de compte. Aujourd'hui, ils se justifient seulement quand il s'agit de protéger une industrie particulière, soit encore trop jeune, soit déjà vieille. On l'observe avec l'euro : il fluctue par rapport au dollar, à la livre et aux autres devises, ce qui permet au commerce de la zone euro avec le reste du monde de rester peu ou prou équilibré.

Les droits de douane étant devenus strictement inutiles (sauf dans des cas très spécifiques : volonté de protéger un secteur émergent ou stratégique), on se demande d'ailleurs pourquoi les États en conservent encore. Serait-ce par habitude ou pour le seul plaisir de se compliquer la vie comme dans le cas du Royaume-Uni et de sa frontière terrestre avec l'Irlande ?...

L'impasse de la monnaie unique

Chacun devine à ce stade l'inconvénient de la monnaie unique quand elle s'applique à une zone de libre-échange, sans frontières ni droits de douane.

- Monnaie unique, d'accord, mais dans une complète solidarité :

La situation s'est déjà rencontrée il y a un siècle et demi, quand l'Italie s'est unifiée : une seule monnaie et plus de douanes intérieures. Naples affichait alors un certain retard sur Turin et Milan, déjà engagées dans la révolution industrielle. Avec l'unification, ses industriels ont de suite perdu pied face à leurs concurrents du nord, mieux organisés et plus efficaces, et en quelques décennies, le Sud a sombré dans la pauvreté et la violence.

Au moins les habitants du Mezzogiorno ont-ils eu une consolation : ils ont bénéficié de la solidarité du Nord par le biais de l'État italien. Les Européens d'aujourd'hui n'ont pas cette chance. Les chômeurs français et italiens victimes de la désindustrialisation de leur pays ne peuvent compter sur la solidarité des salariés allemands. Chaque État reste maître de son budget et les excédents de l'un ne peuvent combler les déficits de l'autre.

Plus s'approfondit la divergence entre les économies de la zone euro, plus s'éloigne la perspective d'une solidarité budgétaire. Il est devenu impensable que les travailleurs allemands ou danois acceptent de cotiser pour les chômeurs grecs, italiens ou français. Le fédéralisme et la fusion des budgets étaient encore jouables dans le cadre de l'Europe des Six, avec des États aux niveaux de vie similaires. Ils le sont moins que jamais.

- La « Grande Divergence » :

De fait, depuis la mise en place de l'euro en 1999-2001, la compétition économique n'a cessé de s'intensifier au sein de la zone euro. Le démarrage a été assez lent car l'Allemagne a dû d'abord relancer l'économie de l'ancienne RDA (République Démocratique Allemande). Mais le rouleau-compresseur des exportations allemandes est maintenant lancé avec l'avantage de s'appuyer sur une monnaie, l'euro, sous-évaluée par rapport à sa puissance de feu.

Il s'ensuit des déséquilibres commerciaux voués à s'accroître indéfiniment. Ils sont le propre de toute zone monétaire qui réunit des régions au développement très inégal : grâce à l'absence de barrières, les entreprises de la région la plus active, l'Allemagne en l'occurrence, améliorent leurs marges au détriment de leurs concurrentes et attirent à elles les investissements. De cette façon, l'industrie et les activités à forte valeur ajoutée tendent à se concentrer dans cette région.

Les industriels des zones plus faibles, faute de rééquilibrage monétaire, sont empêchés de rétablir leurs marges et d'investir. Leur retard relatif tend donc à s'accroître jusqu'à entraîner leur faillite ou leur rachat par un concurrent étranger, ce qui revient au même sur le long terme. C'est ainsi que commentateurs et « experts » déplorent aujourd'hui que les industriels français aient un parc de machines beaucoup plus ancien que celui de leurs concurrents allemands mais ils ne font pas le rapprochement entre ce handicap et la monnaie unique qui prive ces industriels des marges qui leur permettraient d'investir.

Le gouvernement français ne peut ni ne veut rien faire. Élève obéissant de Bruxelles, il s'interdit de soutenir ses industriels au nom de la libre concurrence et se contente de compter les morts : il ne se passe plus de mois en effet sans que l'on annonce la mise en faillite ou le rachat de l'un ou l'autre des fleurons industriels français (en novembre 2018, Ascoval, Papeteries de Condat, Ford-Blanquefort...). Pour ne rien arranger, quelques centaines de milliers de restaurants français ainsi que les onze mille kebabs du pays se détournent des fournisseurs locaux et s'approvisionnent en surgelés et produits agro-industriels bon marché auprès des distributeurs allemands, tels Metro et Lidl. Comment résister à des fournisseurs qui ont fait de l'exportation tous azimuts une religion et une mission sacrée ?

En marche... vers l'abyme

La monnaie unique assure aujourd'hui à l'Allemagne un excédent commercial quasi-obscène de près de 10% de son PIB. C'est autant d'argent qui a été enlevé aux circuits d'échanges de ses pays clients.

Ainsi, pour résumer la situation, quand un restaurateur français renonce à s'approvisionner auprès des paysans de sa région et se rend dans un entrepôt de Metro, c'est autant d'euros qui vont grossir la trésorerie du distributeur et manquer aux paysans... Ces derniers n'ont d'autre issue, pour survivre, que de réclamer des secours à l'État. Le gouvernement français, n'étant pas en mesure d'imposer davantage les entreprises et les particuliers, va se tourner vers les marchés financiers internationaux. C'est ainsi que, par leur intermédiaire, Metro va lui prêter (sans le savoir) l'argent dont il aura privé lesdits paysans. CQFD.

Bien entendu, rien de tout cela ne se serait produit avec des monnaies nationales car dans ce cas, comme nous l'avons vu plus haut, le trop-plein de Metro aurait rapidement été gommé par un réajustement des monnaies entre elles et une augmentation de ses prix exprimés dans la monnaie française.

- La « Grande Divergence » :

Plus augmente le déficit commercial de la France avec l'Allemagne et le reste du monde, plus le gouvernement français est obligé d'emprunter sur les marchés internationaux pour rapatrier la monnaie qui s'est échappée et maintenir tant bien que mal le niveau de vie des habitants. Il est irrésistiblement conduit à multiplier les emplois administratifs pour compenser les emplois productifs détruits par la monnaie unique dans les entreprises soumises à la concurrence internationale.

Les objurgations des gouvernants, des politiciens et des commentateurs sur la « nécessaire » réduction de la charge fiscale et des dépenses publiques sont impuissantes face à cette réalité. Ce n'est pas l'effet du hasard ni de l'incompétence de nos gouvernants si la charge fiscale augmente année après année. C'est simplement que les gouvernants et les citoyens ne se résignent pas encore à l'issue fatale à laquelle les mène la monnaie unique : le sous-développement.

Il y a du pathétique dans l'agitation des gouvernants autour des déficits publics et leur aveuglement sur les déficits commerciaux. Comme si l'on pouvait soigner les premiers sans traiter les seconds ! Tout ce que font les gouvernants se ramène à créer ou supprimer ou alléger une taxe, un impôt ou une aide sans voir que cela ne sert à rien quand le marché intérieur se réduit d'année en année, en lien direct avec l'excédent d'importations.

Toute baisse de dépense publique (salaire ou investissement) revient à priver des particuliers ou des entreprises de leur revenu. Du fait d'une activité asthénique et de la pression des importateurs, ces entreprises et ces particuliers n'ont aucune chance de retrouver un revenu dans le secteur concurrentiel. Ils n'ont d'autre solution que de solliciter une aide de l'État ou mettre la clé sous la porte. Les économies que l'État croyait faire d'un côté conduisent à des dépenses supplémentaires d'un autre côté (aides directes et gonflement des administrations et associations en charge de leur gestion).

- Avis de tempête sur les épargnants et les retraités :

Si l'on voit bien ce que les industriels et les paysans français ont perdu, perdent ou vont perdre avec la monnaie unique, on voit moins ce que peuvent en attendre les épargnants et les retraités. Pourtant, une rapide analyse de la situation permet de s'en faire une idée. C'est ce que nous montrons ci-après : Retraités et épargnants ont tout à perdre... avec l'euro.

Publié ou mis jour le : 2019-02-04 10:24:04

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