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Gagner plus et sauver le climat

Illusions techniciennes


Tels des pyromanes-pompiers, les ingénieurs à l'origine du dérèglement climatique proposent d'y remédier par la technique : « Ne changeons rien à notre mode de vie ; étendons-le même à l'ensemble de la planète mais apportons-lui quelques corrections à la marge », susurrent-ils. Et ils suggèrent aux États d'investir massivement dans le développement d'énergies renouvelables ou de techniques palliatives. Ils envisagent désormais moins de stopper le réchauffement climatique que de s’y adapter, par exemple en développant la climatisation et les voitures électriques pour assainir l’air des métropoles…

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L'approche technicienne a tout pour plaire ; c'est pour cela qu'on l'aime et qu'on s'y accroche sans discuter de sa pertinence :
• Les citoyens ordinaires se rassurent à bon compte : pas besoin de revoir notre mode de vie ; il suffit de manifester notre civisme écologique en triant consciencieusement nos déchets et en achetant un véhicule hybride (mi-électrique, mi-combustion).
• Pour les grands patrons de l'industrie, loin d'être une menace, le réchauffement climatique devient une « nouvelle frontière » pleine d'opportunités capitalistiques ; de quoi remédier à la panne d'investissements dans nos sociétés vieillissantes qui se meurent d'ennui.
• Les gouvernants peuvent sans remords poursuivre leur politique d'affichage, si rentable d'un point de vue électoral : d'un côté, on lance de belles phrases sur l'écologie (« Make our planet great again »), de l'autre on poursuit les investissements dans des infrastructures aussi démesurées qu'énergivores (TGV, aéroports, centres commerciaux...) ; pourquoi se priver puisque les énergies renouvelables seront « bientôt » disponibles à gogo ?

Nous sommes tous conscients que notre mode de vie ne peut être généralisé à l'humanité entière et qu'il devra être réformé à plus ou moins brève échéance. Pourtant, nous nous comportons comme si la voiture particulière et les vols long-courriers étaient devenus des composantes inaliénables de notre identité... et lorsque nous cherchons des remèdes au réchauffement climatique, nous imaginons des voitures et des avions non-polluants mais jamais une existence (presque) sans voiture ni avion !

Or, dans le meilleur des cas, nous ne disposerons pas avant 2050 de technologies alternatives capables de concilier notre mode de vie avec la préservation des énergies fossiles. Ces technologies existent déjà (nucléaire, moteur à hydrogène, éolien, photovoltaïque, biocarburants...) mais elles sont encore très loin de pouvoir suppléer aux énergies fossiles et leur industrialisation bute sur des obstacles rédhibitoires comme le stockage de l'énergie (batteries). Qui plus est, leur mise en œuvre requiert des procédés destructeurs de l'environnement : extraction de métaux spéciaux (terres rares, coltan, cobalt...) et eux-mêmes coûteux en énergie.

En attendant, nous nous faisons fort de trier les ordures ménagères, développer les véhicules électriques et les éoliennes ou encore procéder à des « compensations carbone » sans pousser plus avant l’analyse de ces démarches d’apparence sympathique. Quel est leur effet sur l'environnement, la biodiversité et le réchauffement climatique ?

- Tri et incinération des déchets :

Les professionnels du traitement des ordures ménagères promeuvent aujourd’hui le tri des déchets. Avec le concours des particuliers, ils recyclent en partie les emballages, les métaux, le papier, les plastiques et le verre, mais toujours avec un coût énergétique et de manière dégradée (le verre alimentaire est ainsi collecté en bris, refondu et transformé en matériau de construction au lieu d’être réemployé au même usage selon le principe de la consigne).

Les professionnels incinèrent par ailleurs les déchets organiques (eaux usées et déchets de cuisine). Ils doivent aussi enfouir les cendres hautement toxiques qui en résultent dans des sites très surveillés. Mais en lieu et place d’incinération, ils préfèrent parler de « valorisation énergétique » en laissant entendre que l’incinération permet d’économiser autant d’énergie fossile (charbon, gaz et pétrole).

Dans les faits, le rendement énergétique de l’incinération des déchets est généralement très faible ou nul. Dans le meilleur des cas, les usines d’incinération sont reliées à un réseau de chaleur urbain qu’elles alimentent en vapeur pendant la saison froide. À la belle saison, elles n’ont d’autre solution que de dissiper la chaleur dans l’atmosphère. Le plus sûr effet de l’incinération des ordures ménagères est de détruire le carbone le plus utile à la vie, celui dont est composé l'humus à la surface du sol (note).

Le comble de l’absurdité est atteint dans les campagnes où, très souvent, les déchets organiques sont seuls collectés à demeure, en vue de leur incinération tandis que les emballages et les autres déchets doivent être transportés par les particuliers eux-mêmes dans des déchetteries agréées. Ce transport, généralement en voiture, ne fait qu’alourdir le « bilan carbone » de ladite collecte. Pour ne rien arranger, les agriculteurs, petits entrepreneurs et industriels sont tenus de payer l’accès aux déchetteries. Beaucoup préfèrent, au mépris de la loi, brûler leurs déchets dans les champs ou derrière l’atelier, ou encore les jeter en bordure de forêt. Dans des territoires à l’économie fragile comme le Bordelais, la gendarmerie ferme les yeux sur ces infractions à la source de graves pollutions.

En matière de traitement des déchets, il serait plus pertinent : 1) de réduire à la source le volume des emballages, 2) de collecter en vrac tous les déchets ménagers et trier ce qui peut l’être sur des chaînes automatiques, 3) de généraliser le compostage des déchets organiques ou au moins de les enfouir en récupérant le biogaz qui résulte de leur putréfaction.

Si ces solutions sont délaissées par la classe dirigeante, ce n'est pas par ignorance mais par calcul :
• L'incinération et le traitement des cendres volantes toxiques qui en sont issues réclament des investissements beaucoup plus lourds que le compostage ou l’enfouissement et, de ce fait, génèrent aussi beaucoup plus de profit pour les entreprises spécialisées auxquelles font appel les collectivités.
• D'autre part, en brûlant les déchets organiques au lieu de renvoyer ceux-ci dans les sols agricoles d’où ils proviennent, on appauvrit peu à peu ces sols de sorte que les agriculteurs doivent recourir à des engrais chimiques en quantité de plus en plus grande, avec là aussi de fructueux profits à la clé pour les fabricants d’engrais.

- Éoliennes et panneaux photovoltaïques :

Côté énergies renouvelables, cessons de nous illusionner. Ces énergies sont encore très loin de répondre à nos attentes, qu'il s'agisse des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques : toutes requièrent pour leur mise en œuvre des technologies elles-mêmes très coûteuses en énergie comme la métallurgie du silicium ou des terres rares ; elles réclament aussi des techniques de stockage (batteries) encore très insuffisantes.

Les éoliennes tournent quand il y a du vent, autrement dit, le plus souvent, par temps frais et doux. Elles sont à l'arrêt pendant les périodes de grand gel, quand elles seraient vraiment nécessaires, et cette production intermittente impose de les associer à des centrales au charbon ou au gaz, sans bénéfice pour l'environnement... Ce n'est pas sans raison que le Danemark, principal producteur et exploitant d'éoliennes (rapporté à la taille de la population), est au 4e rang des pays qui ont la plus mauvaise empreinte écologique (note).

Les éoliennes se conçoivent pour fournir de l'électricité dans des situations particulières (régions isolées et dépourvues de réseau électrique, zones marines...). Elles ne nous protègent en rien contre l’effet de serre et il est incongru de les subventionner. Sans la possibilité de stocker leur énergie et de l'exploiter au moment voulu, elles n'ont aucune utilité si ce n'est d'enrichir les fabricants, importateurs, installateurs et exploitants au détriment de l'intérêt général et de l'écologie. 

Le problème est similaire pour les panneaux photovoltaïques avec le fait aggravant que ceux-ci nécessitent pour leur fabrication des techniques énergivores et très dommageables pour l’environnement (pollution de l’air, de l’eau et des sols). Pour cette raison, les pays occidentaux ont abandonné le monopole de cette fabrication à la Chine, peu regardante sur les questions environnementales.

Les panneaux photovoltaïques ont qui plus est une durée de vie limitée (vingt-cinq ans au mieux) avec une diminution de leur efficacité d’année en année. Tout pris en compte, il n’est pas sûr qu’ils empruntent au Soleil assez d’énergie pour compenser toute celle qu’ils ont volé à la Terre pendant l’étape de leur fabrication !

- Automobiles électriques :

En matière d'automobiles, d’aucuns rêvent d'un monde où ne rouleraient plus que des véhicules électriques. Il est certain que cela assainirait l’atmosphère des villes et soulagerait les poumons (et les oreilles) des citadins. Mais quel serait le profit pour le climat ?

Les véhicules électriques utilisent une énergie secondaire prête à l’emploi (électricité) à la différence des véhicules à moteur thermique qui doivent transformer une énergie primaire (carburant ou gaz) en travail et électricité. Cela dit, leur électricité vient nécessairement d’une centrale thermique (charbon, pétrole ou gaz) ou nucléaire, et il est possible que les véhicules électriques requièrent davantage d’énergie primaire que les véhicule thermiques, compte tenu du poids et de la fabrication de leurs batteries ainsi que des pertes en ligne (transport de l’électricité).

L’enjeu climatique ne se limite pas à la consommation des véhicules, électriques ou non. Il s’étend à leur fabrication. Une voiture, c’est une tonne de matériaux de haute technologie (terres rares, composites, aluminium, cuivre et aciers spéciaux) ; comme la voiture est destinée à être utilisée au grand maximum 5000 heures (pour 500 000 kilomètres parcourus), elle brûle dans sa vie active un total d’environ trente tonnes de carburant (ou l’équivalent en électricité). Mais qui saura nous dire combien de tonnes équivalent carbone coûtent sa fabrication et son recyclage ?

Utile contre la pollution des villes, la promotion des véhicules électriques est cependant sans effet sur le réchauffement climatique, d’autant que la généralisation de l’american way of life à l’ensemble de l’Eurasie et du continent américain se solde par la croissance très rapide du parc automobile, aujourd’hui d’environ un milliard d’unités. Cette croissance annule très largement toutes les améliorations techniques que les constructeurs pourraient apporter à chaque véhicule, électrique ou non.

L'illusion des biocarburants

On veut se convaincre qu'avec les biocarburants, le tout-automobile pourra continuer indéfiniment, même sans pétrole ! Or, le bilan écologique des cultures à usage énergétique s'avère très négatif, comme l’indique une étude publiée par Science (17 août 2007) et citée par Le Monde (19 août 2007). Les agrocarburants sont en effet excessivement gourmands en produits phytosanitaires et en investissements mécaniques et, à ce titre, ils accélèrent le réchauffement climatique. Qui plus est, ils gaspillent des étendues qui pourraient être vouées à la forêt, à la prairie ou à des cultures nourricières.

La hausse actuelle des prix des céréales, qui fait au moins le bonheur des céréaliers, résulte en partie de l'extension de ces cultures à usage énergétique. Il serait malheureux que notre hargne à vouloir préserver à tout prix le tout-automobile entraîne le retour à des disettes en sus du réchauffement climatique !

Notons que ce choix inconséquent ne serait pas une première dans l'Histoire : au XVIIe siècle déjà, les gouvernants européens choisirent de privilégier dans leurs colonies du Nouveau Monde la culture du sucre, afin de satisfaire les caprices des Européens fortunés. Comme cette culture était néanmoins très risquée, les États accordèrent des privilèges fiscaux à des compagnies privées (« compagnies à charte ») pour les y encourager ! Cette entreprise spéculatrice, motivée par un choix idéologique, se fit au détriment des cultures vivrières et surtout se solda par l'introduction de l'esclavage dans le Nouveau Monde (note).

« Compensation carbone » :

La dernière entourloupe du marché est la « compensation carbone » : des compagnies aériennes s'engagent par exemple à financer des opérations de reforestation ou « renaturalisation » pour piéger le carbone de l’atmosphère et ainsi compenser leurs propres émissions ! Dans les faits, elles ne compensent rien du tout car le kérosène qu'elles ont brûlé l'est définitivement et les forêts qu'elles replantent à grands frais ne compensent pas, et de loin, les forêts primaires abattues pour laisser la place à des plantations industrielles (soja, huile de palme…) !

Il est malsain d’autre part de laisser croire que l’on peut « compenser » nos émissions de carbone simplement en créant ici et là des « puits de carbone » par la reforestation. Une forêt a besoin pour grandir d’un environnement favorable (sol, eau, climat) et, de toute façon, ne piège le carbone de l’atmosphère que dans sa phase de croissance, pendant deux ou trois décennies. Ensuite, il faut donc l’abattre et en replanter une nouvelle. Mais que faire des coupes ? Les brûler et renvoyer dans l’atmosphère le carbone piégé ? Les employer comme matériau de construction ou d’ameublement ?...

Le plus grave tient dans l'extension accélérée de nos techniques et de nos pratiques à de nouvelles populations (Inde, Chine intérieure, Indonésie, Brésil etc.). Aujourd'hui, un quart environ de la population mondiale, soit deux milliards d'hommes, en bénéficient à plus ou moins grande intensité. Avec les taux de croissance que connaissent les pays asiatiques, c'est la moitié de l'humanité, soit cinq milliards d'hommes qui pourraient y accéder en 2100 à supposer que la Terre le supporte.

Si importants que soient nos progrès en matière de performance énergétique sur la consommation de nos véhicules comme sur l'isolation de nos logements, ils sont très largement annulés par cet élargissement du cercle des consommateurs-prédateurs.

Insuffisances et incohérences des réglementations actuelles

Les réglementations pointilleuses, comme tel projet de directive européenne contre l'usage de pailles en plastique, sont non seulement inefficaces mais nuisibles car elles nous font oublier les véritables enjeux. Elles offrent à bon compte aux dirigeants l’occasion de laisser croire à leur engagement en faveur de l’écologie en leur évitant les sujets qui fâchent. Quant à une mesure comme la surtaxation du diesel automobile, elle est non seulement inefficace mais obscène. Elle frappe des catégories sociales que les classes dirigeantes ont asservi à l’automobile à coup d’incitations fiscales et réglementaires, tout en laissant dépérir dans les campagnes les services de proximité et les lignes de bus. Au demeurant, si le diesel représente un risque pour la santé, c’est dans les métropoles, du fait de la saturation de l’air en particules fines, pas dans les campagnes où ces particules se dispersent assez aisément

Miracle du marché

Une fois écartées les illusions techniciennes, l'objectif ambitieux et nécessaire de diviser par quatre nos émissions de carbone implique une remise en question de notre mode de vie organisé autour de la voiture, de l'avion et de l'énergie (trop) bon marché. D'une manière générale, dans le tertiaire, l'industrie et le logement comme dans les transports, il est impératif que les entreprises et les particuliers engagent de très sérieuses économies d'énergie.

Cela ne se fera pas par l'amélioration de l'existant mais par une rupture technologique et sociétale. Il en est allé ainsi chaque fois que nos sociétés ont été confrontées à une impasse : au XVe siècle, quand les copistes n'arrivaient plus à fournir la demande, on a inventé l'imprimerie ; au XVIIIe siècle, quand s'aggravait la pénurie de bois, on a recouru au charbon... Si nous voulons conjurer l'emballement climatique, nous devrons réduire notre consommation d’énergie.

Les plus gros efforts seront requis dans le transport (automobiles, fret routier et avions), principal poste de consommation énergétique, mais aussi dans l'agro-industrie :
• En remodelant les villes pour permettre à chacun de s'y épanouir sans l'obligation de posséder une voiture ^;(note),
• En luttant contre l'étalement urbain, en incitant très fortement les employeurs à s'installer au plus près des villes et des bourgs et en dissuadant les jeunes ménages de s'installer dans des zones pavillonnaires isolées, coûteuses en frais d'exploitation et en déplacements, tant pour la collectivité que pour les habitants,
• En renversant aussi la vapeur en ce qui concerne le tourisme aérien,
• En réinventant une agriculture raisonnablement intensive et respectueuse de la biodiversité.

Sur tous les points ci-dessus, les excès viennent de l'illusion d'une énergie bon marché et disponible à gogo. Ce n'est pas parce que le pétrole, le gaz et le charbon ne coûtent presque rien à extraire que nous devons en abuser.

Comme, hélas, nos technologies permettent aujourd'hui de produire l'énergie à des coûts très bas, qu'il s'agisse d'électricité nucléaire ou d'énergie d'origine fossile, c'est seulement par des taxes dissuasives que nous pourrons élever son prix et encourager particuliers et entreprises à l'économiser. Disant cela, nous ne faisons qu'appliquer les enseignements les plus classiques de l'économie politique. Il s'agit que, confronté à une énergie devenue beaucoup plus chère, chacun, guidé par son intérêt, se porte vers des solutions alternatives économes en énergie.

N'oublions pas, à la suite d'Adam Smith, que c'est l'intérêt qui fait marcher les hommes : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme » (Adam Smith, La Richesse des Nations). La contrainte et l'incantation morale ne peuvent remplacer l'intérêt égoïste que très imparfaitement et jamais de façon définitive... Quel écologiste militant peut jurer qu'il ne se résoudra pas un jour à acheter une voiture si le contexte social et économique lui rend la vie impossible en transports en commun ou bicyclette ?

Publié ou mis à jour le : 2019-09-20 11:06:36

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Sous le pseudonyme de Joseph Savès, le groupe de réflexion Nos utopies réunit un historien suisse de l'économie, un démographe français ainsi que le créateur du site d'Histoire Herodote.net et des contributeurs engagés dans la vie de la cité.

Analysant notre époque sous différents aspects (social, environnement, démographie), nous ne nous satisfaisons pas de l'avenir qui se dessine. Nous proposons en conséquence des alternatives plus souriantes, voire utopiques, dans une démarche réaliste et constructive. Nous sommes aussi très attentifs à votre opinion...


 

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