Le blog de Joseph Savès
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L'immigration en Europe
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Europe : le défi migratoire

Introduction


La question migratoire est devenue centrale en Europe, en ce début du XXIe siècle. Elle est à l’origine de la montée des extrémismes et d’une nouvelle scission entre l’Est et l’Ouest du continent. Elle fait exploser la Suède, jusque-ici modèle de stabilité sociale et politique. Elle sème des ferments de guerre civile en Allemagne. Elle menace la cohésion de l’Union européenne et se présente comme l’enjeu décisif des élections au Parlement européen en 2019.

Europe, le défi migratoire (Joseph Savès, nosutopies.fr 2018)

Pendant mille ans, l’Europe occidentale a été la seule partie du monde préservée de toute immigration ou invasion. Elle a pu ainsi, génération après génération, développer des institutions stables et inventer l’État de droit et la démocratie, à l’origine de notre bien-être actuel.

Mais à partir de 1974, par un spectaculaire renversement de tendance, l’Europe occidentale et ses appendices du Nouveau Monde ont accueilli une immigration de peuplement sans équivalent dans le reste du monde. La France est, avec le Royaume-Uni, parmi les pays européens qui ont le mieux absorbé cette vague migratoire.

En dépit de la résurgence d’un courant xénophobe, somme toute très modéré en regard de ce qui se passe en Italie et en Allemagne, la France est devenue une société multiraciale et multiconfessionnelle plutôt paisible, comme en témoignent la cohabitation des citoyens de toutes origines dans les quartiers populaires, les collèges, les associations et les partis, la fréquence des unions mixtes, l’assimilation sans tabous de nouvelles saveurs dans la gastronomie nationale, l’accueil chaleureux réservé aux musiques d’outre-mer etc.

À la fin du XXe siècle, nous avons entrevu de nouveaux horizons conformes à notre vocation universaliste et humaniste, dans la continuité de l’histoire nationale. Nous avons même connu un pic d’euphorie en 1998, avec la victoire de la France « black-blanc-beur » dans la Coupe du Monde de football. Mais cette confiance en l’avenir a aujourd’hui volé en éclats.

C’est que la classe dirigeante, à gauche comme à droite, s’est ralliée aux thèses néolibérales, en rupture avec la tradition politique qui fait de la solidarité entre tous les citoyens le fondement de la paix sociale. Elle a placé au cœur du projet européen la mise en concurrence de tous contre tous, contre l’avis de la grande majorité des citoyens.

Elle a abandonné à des instances supranationales l’essentiel de la souveraineté : monnaie, protection des frontières, droit commercial, alliances militaires. Les gouvernants n’ont plus en tête l’intérêt de la nation qui les a élus mais la préservation à tout prix du dogme néolibéral et libre-échangiste.

Et pour ne rien arranger, à la suite de la chancelière Angela Merkel en 2015, on a ouvert les frontières de l'Union aux réfugiés et immigrants de toutes origines, avec, derrière la phraséologie humanitaire, l’intention à peine voilée de « flexibiliser le marché », autrement dit de casser les salaires et l’État-Providence (*).

Face à la menace très réelle du déclassement, faut-il s’étonner que nos sociétés se soient raidies ? Des leaders de la gauche sociale tels Sahra Wagenknecht (Allemagne) et Jean-Luc Mélenchon (France) prennent aujourd’hui la mesure du danger et dénoncent une immigration sans précaution (*).

C'est un défi sans précédent dans l'Histoire de l'humanité et aussi sans équivalent sur la planète, sauf en Amérique du nord. Dans le reste du monde, qui représente 85% de l'humanité, il ne se trouve aucun pays qui accueille de bon gré des immigrants de toutes origines et de toutes conditions.

Nous nous proposons de voir comment nous en sommes arrivés à cette immigration inédite par son ampleur et sa nature. Nous en examinerons les aspects, économiques, sociaux, démographiques et avant tout humanitaires ainsi que les conséquences, pour les pays d'accueil comme pour les pays de départ et les immigrants eux-mêmes.

Nous nous interrogerons aussi sur un racisme de gauche qui, sous prétexte d’ouverture aux opprimés, enferme chacun dans son identité raciale ou confessionnelle. Le risque est de voir émerger une société racialisée dans laquelle les classes sociales se reconnaîtront à la couleur de peau et où chacun tendra à se replier dans sa communauté de couleur ou de croyance.

Ce repli est déjà une réalité dans de nombreux quartiers devenus des enclaves africaines, maghrébines ou turques, où les habitants vivent entre eux sans autre contact avec la société française que ceux nécessités par les obligations administratives et sociales. Apparues pour l’essentiel au début du XXIe siècle, ces enclaves s’étendent et se consolident d’année en année sous l’effet des flux migratoires persistants (*).

La catastrophe, fort heureusement, n’est pas inéluctable. Nous dessinerons des possibilités de sortie honorables, conformes à nos principes universalistes et profitables à toutes les parties, l'Europe, l'Afrique et les migrants.

Ces fragiles solutions supposent une volonté politique aujourd'hui introuvable. Elles passent en premier lieu par l’arrêt de l’immigration de peuplement. Pas besoin pour cela d’ériger des murs et des miradors…

Revenons d’abord à l’essence du droit : l’asile doit s’appliquer strictement aux personnes menacées à titre personnel en raison de leur race, leur religion ou leur engagement politique ; l’accession à la citoyenneté doit être le fruit d’une démarche d’intégration méritante et volontaire ; les étrangers déjà installés et qui n’arrivent pas à s’intégrer à leur pays d’accueil - ou n’en ont pas envie - doivent avoir la faculté de rentrer dans le pays de leurs pères avec une allocation convenable versée leur vie durant.

Entre autres solutions, nous prônons aussi en matière d’emploi le retour à la liberté d’avant 1974 et la mise en place de visas et d’autorisations de séjour accordés à quiconque en fait la demande, contre une caution financière, celle-ci demeurant moins coûteuse et hasardeuse que la traversée du Sahara et de la Méditerranée !

Une fois sur le territoire national, les étrangers qui trouvent à travailler doivent bénéficier de la part de leur employeur de facilités financières destinées à maintenir les liens avec leur patrie et leur famille, ce qui rend inutile le « regroupement familial » ; ils doivent aussi avoir la faculté de récupérer tout ou partie de leurs cotisations retraite et chômage à l’heure du retour !...

Joseph Savès

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De la colonisation à l'immigration, un chemin « pavé de bonnes intentions »

L'enjeu migratoire en rappelle un autre : la colonisation. Il y a 100 à 150 ans, la gauche républicaine s'est engagée dans la conquête de l'Afrique avec les meilleures intentions du monde (Jules Ferry : « civiliser les races inférieures »). Elle a bénéficié du soutien moral de Victor Hugo et ne s'est heurtée qu'à l'opposition de Clemenceau et de la droite revancharde (« J'ai perdu deux enfants [l'Alsace-Lorraine] et vous m'offrez vingt domestiques », citation prêtée à Paul Déroulède).

Aujourd'hui, chacun s'accorde sur le caractère globalement néfaste de cette colonisation mais la gauche républicaine veut oublier la part qu'elle y a prise... N'ayant rien appris de ce malheureux faux-pas, elle est en train de le reproduire avec l'immigration, toujours au nom des « valeurs universelles » !


Publié ou mis à jour le : 2018-11-21 13:06:43

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Historien de l'économie, je publie régulièrement des analyses et des éditoriaux sur le site Herodote.net.
J'ai réuni ici mes billets sur l'actualité, mes analyses sur les échanges, la monnaie, les migrations, la construction européenne ainsi qu'un projet d'allocation universelle et une approche fiscale des enjeux environnementaux.


 

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