Le blog de Joseph Savès
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Les migrations en Europe
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L'Europe et l'immigration

Fragiles solutions


L'immigration comme remède à la dépopulation conduit la France et ses voisins européens dans l'impasse. Une autre démarche s'impose, plus courageuse et progressiste, avec des solutions qui concilient les intérêts de chacun, sans exclure des efforts et des sacrifices.

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L'accélération des courants migratoires au début du XXIe siècle est en train de déstabiliser les sociétés ouest-européennes, de la Grèce à la Suède en passant par l'Italie et l'Allemagne. Elle mobilise toutes les énergies de la classe politique, qui doit gérer l'accueil des migrants : les loger, leur trouver un emploi, les éduquer et encadrer leurs enfants.

Tétanisés, les dirigeants craignent par-dessus tout les désordres publics et, pour les éviter, n'en finissent pas de reculer face aux revendications des associations caritatives.

Ces associations sont partie prenante du phénomène migratoire qui leur vaut de recevoir des subventions publiques plus élevées d'année en année, soit de l'Union européenne, soit directement de l'État et des collectivités locales, soit indirectement par les ristournes fiscales sur les dons des particuliers. Elles plaident en conséquence pour une ouverture toujours plus grande aux immigrés de toutes origines et de toutes conditions. Leurs revendications recueillent un écho bienveillant dans la bourgeoisie « libérale » pour laquelle les immigrés demeurent des concepts abstraits et qui trouve avantage à se les représenter comme les nouveaux « damnés de la terre » (*).

L'immigration a des répercussions très coûteuses dans tous les secteurs publics mais qui ne sont jamais publiquement identifiées comme liées à l'immigration : aide aux sans-domicile parisiens - à plus de 99% d'origine étrangère -, lutte contre l'économie informelle, le travail au noir et les mafias, désordres en tous genres dans les établissements scolaires, violences et insécurité dans les zones « sensibles » etc.

Les gouvernants, démunis face à la vague migratoire, se résignent à l'explosion des coûts induits, comme par exemple la prise en charge des migrants mineurs ou malades et le logement des familles : pas question de déroger à ces obligations ! Ils y répondent par une augmentation continue de la fiscalité et par une mise à la diète des services publics. C'est ainsi que se réduit comme peau de chagrin l'État-Providence. Tant pis pour les classes laborieuses qui entrent en concurrence avec les populations fraîchement immigrées pour l'accès à celui-ci ou ce qui en reste (logement, éducation, santé, aides sociales).

Les citoyens ordinaires et les immigrés qui ont fait le choix de l'intégration commencent à craindre pour leurs acquis matériels mais aussi culturels (égalité entre les sexes, liberté de choisir son conjoint, condamnation de l'antisémitisme...). Ils sont conscients des réalités car ils les vivent au quotidien mais n'ont guère les moyens de se faire entendre, sauf à rallier l'extrême-droite et prendre le risque d'être stigmatisés.

Il s'ensuit depuis plusieurs décennies une politique du chien crevé au fil de l'eau qui satisfait aux pressions de l'heure sans vision claire de l'avenir.

Pour s'en justifier, commentateurs et gouvernants assurent qu'il n'y a pas d'alternative à l'immigration de masse, compte tenu de l'explosion démographique de l'Afrique subsaharienne et de l'effondrement de la natalité en Europe. Comme si ces deux phénomènes devaient se prolonger de génération en génération et comme s'ils ne relevaient pas aussi du champ politique (*) !

La charité et les bons sentiments doivent-ils guider l'action politique à l'exclusion de tout le reste ? Ou bien l'action politique doit-elle s'inscrire dans une réflexion qui embrasse la longue durée et évalue de façon responsable les conséquences de tous nos actes ?

Nous optons clairement pour la deuxième option et croyons qu'une autre politique migratoire est possible, à la fois respectueuse des droits humains mais aussi de la nation, compatible avec le progrès et l'intérêt bien compris de nos pays comme des pays d'émigration. Elle implique une rupture franche avec l'actuelle politique - ou absence de politique - sur cinq thèmes : le droit de séjour, le contrat de travail, l'insertion des jeunes générations, le droit au retour et la famille.

Un préalable : colmater les brèches

La France n'a aucune chance de retrouver cohésion et stabilité sans un arrêt préalable des « migrations de remplacement » (*) et un retour à des migrations capillaires.

Les gouvernants ont beau multiplier les efforts coûteux en faveur des quartiers ethniques, la situation de ceux-ci ne cesse d'empirer année après année. Rien à voir avec les autres régions en crise (régions de vieille industrie, zones rurales...) : celles-là ont une population stable et sédentaire réceptive et quand les pouvoirs publics veulent bien faire des efforts en sa faveur, ces efforts s'additionnent les uns aux autres...

Dans les quartiers ethniques, la population est jeune, en croissance rapide et en perpétuel renouvellement du fait de l'arrivée à flux continu de personnes en provenance de contrées toujours plus lointaines et plus exotiques. Quand une personne arrive à s'arracher à la malédiction du ghetto, il en arrive deux, trois ou dix des profondeurs de l'Afrique ou du Moyen-Orient, de sorte que tout est à recommencer.

Chaque pas en avant peut à tout moment se transformer en une chute fatale. Telle collégienne qui fait la fierté de ses professeurs sera mariée par ses parents à un cousin qui la renverra à ses casseroles et ses langes ; tel jeune homme débrouillard lâchera son emploi jugé trop contraignant et s'enrôlera dans un trafic à la petite semaine... Les nouvelles technologies (réseaux sociaux, télévision satellitaire, transports aériens à bas prix) concourent au repli communautaire et au maintien de liens actifs avec les pays d'origine.

Dans les profondeurs du pays, chacun est conscient de cette impasse : ce n'est pas l'existence de minorités discriminées ou ghettoïsées qui fait problème mais le sentiment désespérant que tous les efforts en leur faveur seront vains aussi longtemps que perdureront les flux migratoires. Il importe donc en premier lieu de tarir ceux-ci. Ensuite, tous les citoyens se mobiliseront avec ferveur et sans arrière-pensée afin que tous les enfants de France - à l'exclusion des autres - fassent enfin nation, dans le respect de leurs différences.

Voici donc nos propositions pour en vue de tarir l'immigration de remplacement et faire nation :

1 - Droit de séjour et citoyenneté
- Sacraliser la citoyenneté :

La citoyenneté et le droit de vote doivent être seulement accordés aux personnes installées depuis plusieurs années et pleinement assimilées par la langue, le revenu et le travail (*).

Leur entrée dans la communauté nationale est une forme de baptême civique. On peut concevoir qu'elle soit publiée en ligne et placée sous le parrainage de deux élus de leur circonscription (député, sénateur, conseiller territorial, maire ou conseiller municipal) qui certifieront sur l'honneur l'aptitude de l'impétrant à devenir français. Ils s'assureront qu'il dispose de moyens d'existence suffisants et d'une connaissance correcte de la langue française.

La même obligation de parrainage peut être envisagée pour l'octroi ou le renouvellement d'une carte de séjour. Ce parrainage dans un domaine aussi éminemment politique que l'octroi d'une carte de séjour ou d'une carte d'identité est de nature à rehausser le prestige et la responsabilité des élus en les rendant comptables de la politique d'immigration.

- Renforcer le droit d'asile :

Aujourd'hui, le droit d'asile est accordé en Europe occidentale à tout jeune homme qui vient d'un pays en guerre ou soumis à une dictature. Cela revient à « accueillir toute la misère du monde » selon l'expression de Michel Rocard, car du Cap à l'Indus, tous les pays d'Afrique ou du Moyen-Orient vivent dans le risque de tomber un jour ou l'autre dans des troubles civils. Cette générosité mal placée est contre-productive car elle entretient et aggrave les maux de ces pays en dissuadant leurs ressortissants et les Occidentaux eux-mêmes de s'attaquer à leur racines (*).

Au demeurant, c'est une aberration d'attribuer le statut de réfugié à quiconque vient d'un pays en souffrance sans même s'interroger sur son passé : n'aurait-il pas tué, violé ou torturé, participé à des violences ? Ne fuit-il pas tout simplement la vengeance de ses victimes ?

Sauf à être dénaturé, le droit d'asile doit revenir exclusivement aux personnes menacées en tant que telles, du fait de leur religion, de leur race ou de leur implication personnelle en faveur de la démocratie.

Notons qu'il est anormal que l'État mobilise à grands frais ses agents pour éclairer le passé de tous les migrants qui revendiquent l'asile politique. Cette débauche de moyens porte préjudice aux citoyens qui paient l'impôt et attendent que celui-ci leur revienne.

On peut concevoir par contre que des associations humanitaires financées par les citoyens prennent en charge les demandes d'asile qui leur paraissent légitimes, s'occupent des personnes concernées pendant l'instruction de leur dossier et réunissent elles-mêmes les pièces à conviction. Pendant toute la durée de la procédure, elles seront civilement responsables des réfugiés dont elles ont assumé la charge.

Ces contraintes obligeront les associations et l'administration à ne traiter que les demandes raisonnables dans la limite des dotations octroyées par les citoyens.

- Droit du sol pour les migrants réguliers et leurs enfants :

Le « droit du sol » (*) est un principe juridique plus récent qu'on ne le croit d'ordinaire.

Les enfants nés en France de parents étrangers en situation régulière ont évidemment droit à la citoyenneté (à moins qu'ils ne la refusent à leur majorité). Par contre, dans le cas d'une femme en situation irrégulière qui aurait trouvé moyen d'accoucher sur le territoire national (Mayotte, Guyane...), il n'est pas raisonnable d'octroyer à son enfant un droit de séjour ou même un droit à la citoyenneté. Sa mère et lui ont vocation à revenir dans leur pays d'origine.

Il en va de même pour les mineurs isolés en situation irrégulière qui doivent être renvoyés auprès de leurs parents. À défaut, ils peuvent être confiés à un orphelinat ou une famille d'accueil dans leur pays d'origine ou dans un pays voisin de celui-ci. L'État français peut financer cet hébergement pour un montant mensuel équivalent au RSA (Revenu social d'activité), ce qui est très avantageux dans le pays en question tout en étant beaucoup moins coûteux qu'une prise en charge en Europe. Cette formule ne garantit pas seulement au mineur de confortables conditions de vie et d'éducation ; elle lui évite aussi les affres du déracinement et lui laisse l'espoir de retrouver un jour son pays et ses proches.

Si certains gouvernants rechignent à reprendre leurs ressortissants, d'autres peuvent se laisser convaincre de les adopter contre une rétribution attractive, officieuse ou publique.

Il va de soi que l'afflux de migrants mineurs cessera spontanément dès lors que planera sur eux la menace d'être renvoyés dans un orphelinat loin des rivages européens. 

- Remettre le mariage à sa place :

Quand le mariage était indissoluble (du moins en Occident), il n'y avait aucun inconvénient à donner la citoyenneté au conjoint étranger car elle ne recélait pas plus de droits ni de contraintes que le mariage lui-même ! Nul n'avait l'idée saugrenue de se marier pour la vie pour bénéficier de la citoyenneté de son conjoint...

Rien de tel aujourd'hui : le mariage est une convention aisément révocable et il est anormal qu'il puisse déboucher sur une citoyenneté irrévocable, plus chargée de droits que de contraintes et transmissible à toute la descendance !

La plupart des Français ordinaires n'y pensent pas quand ils se prennent d'amour pour une personne étrangère et lui offrent le mariage avec une carte de séjour, voire une carte d'identité. Ils agissent avec sincérité et leur conjoint est la plupart du temps aussi animé de la même sincérité.

Le problème vient des Français d'origine étrangère qui détournent la législation sur le mariage pour marier leur enfant à une personne de leur village d'origine.

Ces mariages arrangés, qui apparaissent faussement dans les statistiques comme des « mariages mixtes » (français-étranger), sont de plus en plus fréquents, semble-t-il, dans certaines communautés. Ils conduisent à bloquer l'intégration des plus anciens arrivants. Dans le ménage formé par un Français d'origine étrangère et sa jeune épouse fraîchement arrivée de son village, la langue vernaculaire, les coutumes ancestrales, la télé à parabole et le voisinage de la cité ont vite fait de chasser les acquis de l'intégration. En Allemagne, on a pu ainsi constater que les jeunes gens d'origine turque maîtrisent moins bien l'allemand que leurs grands-parents arrivés dans les années 1960 !

Tout mariage entre Français et étranger doit en premier lieu être officialisé devant un représentant de la République, même et surtout s'il a été d'abord célébré selon un rite étranger. Il s'agit en effet que les deux conjoints se voient rappeler les obligations auxquelles sont soumis les époux selon le droit français.

Le conjoint étranger doit ensuite se soumettre aux obligations communes pour l'obtention d'un titre de séjour et, plus tard, de la citoyenneté. Il doit en particulier attester de sa maîtrise de la langue française (on imagine mal en effet qu'un couple mixte puisse s'épanouir sur le sol français s'il ne maîtrise pas la langue nationale). L'obligation d'un parrainage par deux élus de la circonscription de résidence est normalement une garantie contre les abus des mariages arrangés. Lesdits « parrains » peuvent faire la différence entre un mariage arrangé et un authentique mariage d'inclination. Et s'ils se montrent désinvoltes dans leur appréciation, leurs électeurs sauront les ramener à leur devoir.

- Garantir la cohésion des familles :

Le souci légitime de garantir une vie familiale digne aux étrangers a conduit à une politique aberrante, qualifiée par antiphrase de « regroupement familial » car elle a pour premier effet de briser les cercles familiaux. Ainsi considère-t-on comme normal et légitime qu'un jeune homme qui a fui son village natal pour trouver asile en Europe puisse ensuite faire venir auprès de lui ses proches et éventuellement une cousine qu'il aura épousée sans lui demander son avis, après versement d'une dot à son père.

Ainsi produit-on en lisière de nos villes des ghettos ethniques où des femmes et des enfants sont cloîtrés, déracinés, aculturés, inaptes à échanger avec les habitants de leur pays d'accueil, asservis à leur époux et père.

Aux antipodes de cette inhumanité, nous revendiquons pour tous les travailleurs étrangers installés en France et en Europe le droit à un congé bonifié selon les mêmes règles qui sont appliquées aux ressortissants français d'outre-mer qui travaillent en métropole. Tout employeur privé ou public doit donc accorder chaque année à chacun de ses salariés étrangers (hors Europe) trente jours supplémentaires de congé payés (en plus des cinq semaines réglementaires selon la loi française). Il doit y ajouter une prise en charge à 50% des frais de transport aérien pour le salarié et sa famille.

Ainsi les travailleurs pourront-ils décemment maintenir les liens familiaux avec leur patrie d'attache sans avoir à déraciner leurs proches et leur imposer un enfermement dans un quartier ethnique de nos métropoles.. Dans ces conditions, le « regroupement familial » en terre d'exil n'a plus lieu d'être.

Par ailleurs, il est anormal que le travailleur étranger cotise à la caisse des allocations familiales sans y avoir droit. Il doit obtenir le bénéfice de ces allocations familiales pour ses enfants restés au pays !

Il est également anormal que les étrangers qui ont travaillé sur le sol européen versent des cotisations retraite et ne touchent eux-mêmes aucune pension s'ils retournent chez eux au terme de leur vie active !

Pour corriger cette injustice criante, nous revendiquons pour les étrangers le droit de récupérer le montant de toutes leurs cotisations retraite et, en partie peut-être, de leurs cotisations chômage, le jour où ils décideront de rentrer chez eux. S'ils regagnent leur pays à l'heure de la retraite, il doivent pouvoir toucher leur pension dans leur pays natal.

Grâce à ces mesures,  les travailleurs de retour chez eux contribueront au développement de leur pays avec leur pécule (cotisations ou pension) et avec le savoir-faire acquis en Europe. On peut y voir une aide au développement autrement plus efficace que les prêts à fonds perdus aux gouvernants des pays concernés.

De la remise en ordre du droit des personnes, nous arrivons au marché du travail...

2 - Le contrat de travail
- Des conditions d'accès à l'emploi facilitées pour les étrangers :

La France ainsi que les autres États européens seraient bien avisés d'abolir les barrières et les chausse-trapes administratives qui entravent l'entrée de travailleurs étrangers depuis 1974 et de les remplacer, pourquoi pas ? par des visas sans limitation de nombre, valables trois mois, mais soumis au versement préalable d'une caution de deux à quatre mille euros.

Pour les candidats à l'émigration, c'est nettement moins cher - et moins risqué - qu'une entrée illégale via la Libye, le Maroc ou la Turquie !

Ces cautions peuvent être imposées à tous les ressortissants des pays d'émigration - hors l'Europe et le monde riche (OCDE) -, avec une dispense pour les touristes qui font partie d'un circuit et les voyageurs à but professionnel.

Les voyageurs qui retournent dans leur pays dans le délai d'un mois seront remboursés de la totalité de leur caution à l'aéroport d'arrivée. S'ils retournent dans le délai d'un à trois mois, ils ne seront remboursés qu'en partie. Enfin, s'ils restent en France au-delà de trois mois, ils ne seront remboursés de rien, soit qu'ils entrent dans l'illégalité avec le risque d'une expulsion sous la contrainte, soit qu'ils aient trouvé sur place un emploi et une rémunération.

Dans le cas où un étranger déniche en France un travail régulier, il bénéficie d'une prolongation de son visa pour cinq ou dix ans renouvelables (sans pour autant obtenir le remboursement de sa caution). Il peut ensuite, s'il se plaît en France et s'y intègre bien, demander la citoyenneté française. Autrement, il peut revenir auprès des siens, avec ses économies... et ses cotisations retraite. Il peut donner aussi à l'un de ses enfants ou neveux le montant d'une caution qui lui permettra de tenter à son tour l'aventure.

- Des sanctions dissuasives pour les patrons qui exploitent la misère :

Il va de soi que les mesures d'équité à l'endroit des travailleurs étrangers (congés bonifiés...) ont pour conséquence d'en augmenter le coût et, donc, d'inciter les employeurs à se retourner vers la main-d'oeuvre française, disponible dans les banlieues et les provinces.

Mais des employeurs mal avisés peuvent être tentés aussi de contourner la loi et il importe donc de décourager les embauches irrégulières ou non déclarées de travailleurs étrangers (ou français).

Les employeurs pris en flagrant délit devraient indemniser tout salarié irrégulier depuis son entrée sur le territoire national. Ils devraient aussi dédommager les organismes sociaux pour la période correspondante (on peut prévoir en sus une pénalité égale au montant des sommes dues et pourquoi pas ? une prime au dénonciateur).

En cas de doute sur le début de l'embauche, on pourra imposer des remboursements et des pénalités sur une durée arbitraire de cinq ans (limite des pénalités fiscales).

- Une mesure incitative contre les discriminations :

Ajoutons une proposition innovante pour remplacer avantageusement les initiatives brouillonnes et contre-productives destinées à prévenir d'éventuelles discriminations au travail :

- Appliquons à toutes les entreprises, administrations et associations une taxe très légère sur leur chiffre d'affaires ou leur budget (cette taxe peut exclure les très petites entités),

- Le produit de la taxe est ensuite entièrement redistribué aux entreprises, administrations et associations qui intègrent convenablement les Français d'origine étrangère ! La redistribution se fait au prorata de leur chiffre d'affaires ou de leur budget.

Reste à définir un critère d'intégration à peu près objectif et facile à établir :

Comme il ne s'agit pas de récompenser les entreprises de main-d'oeuvre qui exploitent un personnel sous-payé (nettoyage, gardiennage...), les entreprises et administrations méritantes seront définies comme ayant au moins un quart de Français dont trois grand-parents sont nés étrangers (hors Europe et pays de l'OCDE), parmi leurs salariés payés au-dessus du salaire médian (hors actionnaires et propriétaires). 

Ainsi les discriminations au travail entre citoyens français deviendront-elles hors sujet grâce à cette mesure.

3 - Insérer les enfants de l'immigration récente
- Se sentir bien dans sa ville et son pays :

Il importe de proscrire en premier lieu tout discours « victimaire » (*) et de promouvoir l'étude, le travail, la discipline et l'effort personnel (ces exigences, qui paraissent aller de soi en Occident, sont souvent ailleurs l'attribut des esclaves et des femmes).

- Rendre les enfants au travail et à l'étude :

Généraliser dans les écoles les études surveillées facultatives jusqu'en fin de soirée, pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu la psychanalyste Françoise Dolto. Cette mesure (recrutement de surveillants ou paiement des enseignants en heures supplémentaires) coûterait sans doute au final moins cher que le recrutement de policiers et d'éducateurs de rues.

- Casser le cercle vicieux de la violence :

- Promouvoir les élèves talentueux :

Au contraire de leurs lointains prédécesseurs, les enseignants des « zones sensibles » s'obligent à garder leurs meilleurs élèves plutôt que de les diriger vers des établissements d'élite où ils pourraient épanouir leurs aptitudes... et emprunter l'ascenseur social. Le résultat est que ces élèves sont persécutés par leurs camarades en raison de leurs qualités ou bien usent de leur intelligence pour prendre la tête d'une bande en rupture avec l'ordre social.

Il s'agit de revenir à la pratique ancienne de façon à dégager dès que possible une élite nationale parmi les habitants issus de l'immigration... C'est de cette façon que les missionnaires de l'époque coloniale ont pu former des élites africaines, à l'image de Léopold Sédar Senghor, agrégé de grammaire et premier président du Sénégal.  

- Sanctionner les élèves rebelles :

Aujourd'hui, tout trublion qui a été exclu d'un établissement scolaire peut sans façon être inscrit dans un établissement voisin... et poursuivre ses esclandres sans plus de risques. Cette impuissance à punir nuit gravement aux écoles, collèges et lycées des « zones sensibles ».

Il s'agit donc que les trublions soient dirigés loin de leur quartier vers des internats non-mixtes et que l'on pourra qualifier « d'excellence », où ces jeunes gens, en marge du travail scolaire, pratiqueront le sport à haute dose dans un esprit de corps, avec le souci du dépassement de soi. Mais ils participeront aussi aux travaux ménagers pour ne pas perdre de vue les contraintes triviales de l'existence. Les allocations auxquelles ils ont normalement droit seront reversées à l'internat car il ne s'agirait pas que leurs parents ou eux-mêmes trouvent avantage à cette situation.

- Un service civique solidaire :

Un service civique obligatoire, universel et mixte de quatre à huit mois pourrait favoriser les échanges solidaires entre jeunes Français(es) de milieux différents. Dans le cadre de ce service, les plus favorisé(e)s participent à la formation des autres : alphabétisation, instruction civique, tenue d'un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle...

- La justice au service du développement :

La sécurité est l'une des impasses les plus criantes de l'immigration récente : des jeunes gens en mal d'intégration sont envoyés en prison pour des faits de délinquance et en sortent plus durs et radicaux qu'ils n'y étaient entrés. Une solution profitable à toutes les parties serait de confier les délinquants à un village de leur pays d'origine, de façon qu'ils puissent dans ce village travailler au mieux-être de la population, dans un régime de semi-liberté et avec une rémunération qui leur permette de vivre décemment.

Le délinquant lui-même découvrirait le travail et les responsabilités au contact d'une réalité plus rude qu'en Europe. Son placement apporterait des ressources bienvenues au village d'accueil et soulagerait les prisons françaises...

4 - Offrir une alternative aux immigrés sans affinités avec la France

Si, malgré les dispositions précédentes, un immigré ou enfant d'immigrés rejette la France pour des raisons idéologiques, religieuses, culturelles ou autres ; s'il est réfractaire au « désir de vivre ensemble » (Ernest Renan) ; s'il n'accepte pas la sociabilité moderne fondée sur l'indifférenciation des classes, des sexes, des origines et des croyances ; s'il honnit le travail et la discipline requise... il doit avoir la possibilité de rentrer dans son pays d'origine (ou dans un pays proche).

Il s'agit de lui en donner les moyens ! Pour cela, tout personne de nationalité étrangère (hors Europe et OCDE) qui souhaite retourner à ses racines pourra percevoir sur place, mois après mois, sa vie durant, les allocations sociales auxquelles normalement elle aurait droit sur le sol français (au minimum l'équivalent du RSA ou Revenu de solidarité active).

De retour dans son pays d'origine avec une allocation mensuelle garantie, cette personne pourra garder aussi la possibilité de revenir en France si elle change d'avis (cette disposition n'est pas extensible aux futurs immigrés ni aux enfants à naître).

Chacun trouvera avantage à cette disposition sociale :

- En revenant dans son pays ou un pays proche de celui-ci, l'intéressé lui-même accèdera à de bien meilleures conditions matérielles qu'en France, à revenu égal ou même supérieur : une famille avec l'équivalent du RSA pour chacun de ses membres peut en effet vivre dans un très grand confort en Afrique, au lieu de la relégation et la précarité en France.

- Pour l'État français, le bilan financier est très positif, sachant que ne partent que les personnes et les familles mal intégrées, qui n'ont pas trouvé leur place dans la société française et requièrent une assistance lourde (aides sociales, logement, frais éducatifs, sécurité). 

- Les pays d'accueil, enfin, bénéficient de ressources importantes grâce aux allocations versées par la France à ces migrants sur le retour. Ces ressources nourrissent directement la consommation intérieure et l'activité du pays. Elles bénéficient aux paysans et artisans qui vont nourrir les nouveaux arrivants sans risque d'être détournées par un quelconque despote  vers des fonds secrets en Suisse ou ailleurs.

Le financement généreux d'un retour au pays pour toutes les personnes qui le souhaitent est donc une mesure conforme à l'éthique de responsabilité : elle respecte la liberté et la dignité de chacun et profite à toutes les parties. 

Bénéficiant de l'alternative entre rester dans le pays d'accueil ou rentrer au pays d'origine, les immigrés de première et même de deuxième génération peuvent enfin jouir du sentiment d'être libres et maîtres de leur destin. Au lieu qu'aujourd'hui, beaucoup sont obligés de supporter leur déracinement, sauf à revenir chez eux humiliés et démunis.    

5 - Une politique familiale vigoureuse

Immigration ou pas, aucune société n'a jamais survécu à un déficit prolongé des naissances.

Les États européens doivent donc satisfaire au mieux l'envie de leurs ressortissants d'avoir des enfants et fonder une famille. Nulle femme, nul homme, nul couple ne doit se dire : pas de logement, pas de revenu stable, trop de fatigue... tant pis, reportons à plus tard notre envie d'enfant !

Il s'agit que chaque enfant soit accueilli en futur citoyen, avec dès la naissance, une allocation forfaitaire à ses parents, exprimée pour la France en fraction du RSA (entre le tiers et les deux-tiers de celui-ci). À la différence des allocations familiales actuelles, cette allocation sera attribuée à tous les enfants... et intégrée à l'impôt sur le revenu, ce qui en réduira de fait le montant pour les ménages les plus aisés.

Les salariés qui souhaitent réduire leur temps de travail pour élever leurs enfants (ou pour toute autre raison) doivent pouvoir le faire en toute légalité, avec un préavis qui permette à l'employeur de s'y adapter.

Il s'agit aussi que les employeurs ne perçoivent plus une maternité comme une charge. On peut concevoir par exemple une indemnité conséquente de l'État à tout employeur dont une salariée partirait en congé de maternité. Cette indemnité prendrait en compte le coût de remplacement de la salariée pendant son absence. Son coût pour les finances publiques serait mineur par rapport aux avantages sur le long terme.

Mais, dans une Europe à bout de souffle et d'inspiration, plus les années passent et plus devient difficile l'arbitrage entre une politique sociale dictée par l'urgence (accueillir une masse de migrants toujours plus nombreuse et démunie) et un investissement en faveur de la jeunesse dont on ne verrait les fruits qu'au terme d'une à deux décennies.

L'Histoire s'écrit dans les berceaux. En brisant la chaîne des générations, les Européens se préparent des lendemains difficiles... À moins d'un sursaut miraculeux comme il s'en est déjà produit dans le passé.

Joseph Savès

Publié ou mis à jour le : 2018-04-12 16:59:31

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

edzodu (12-01-201821:10:34)

Il a été dit, à plusieurs reprises par nos dirigeants politiques, que "nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde"
Effectivement, la France n'est pas le monde, même si elle a cru un temps au XVIII ème siècle, l'être.
Aussi, nous faut-il faire la part des choses.
Accepter, autant que faire ce peut des migrants qui nous demande l'asile politique.
Accepter des migrants économiques lorsque nos propres citoyens ne sont pas en mesure de remplir les postes de tr... Lire la suite


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Historien de l'économie, je publie régulièrement des analyses et des éditoriaux sur le site Herodote.net.
J'ai réuni ici mes billets d'humeur sur l'actualité, mes analyses sur les échanges, la monnaie, les migrations, la construction européenne ainsi qu'un projet d'allocation universelle et une approche fiscale des enjeux environnementaux.
 


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L'instrument de la solidarité et de la souveraineté
 

L'Allocation universelle, une utopie fondatrice...
 

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