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L'immigration en Europe
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L'immigration en Europe

Des origines au basculement de 1974


En ce début du XXIe siècle, l'immigration de peuplement est devenue en Europe de l'Ouest un enjeu politique majeur et le principal facteur de clivage idéologique. L'Histoire de nos nations et de l'humanité permet de cerner le caractère exceptionnel de ce phénomène, dans le temps et dans l'espace...

Pendant un millénaire, l'Europe occidentale a été la seule région du monde épargnée par les vagues migratoires et les invasions... à l'exception du Japon (*).

Europe, le défi migratoire (Joseph Savès, nosutopies.fr 2018)Cette stabilité exceptionnelle a contribué à l'émergence d'une civilisation sans pareille car, dans chaque seigneurie ou village, les habitants ont pu enraciner leurs coutumes dans la durée jusqu'à leur donner force de loi (les coutumes sont désignées en anglais par une expression explicite : « common law »).

Il en est résulté un concept révolutionnaire, l'État de droit, fondement de la démocratie et du progrès, grâce auquel l'Europe a pu accomplir des progrès exceptionnels en matière politique, sociale, économique et scientifique (*).

En 1974, pour la première fois depuis l'arrêt des invasions hongroises, il y a mille ans, l'Europe occidentale s'est transformée en terre d'accueil et d'immigration. Avec 1 à 2 millions d'immigrants par an, le Vieux Continent est même devenu la principale terre d'immigration au monde, devant l'Amérique du Nord.

Ce retournement sans équivalent dans l'Histoire a déjà et aura d'importantes conséquences sur les ressorts de la civilisation européenne. C'est de ces conséquences que nous traiterons ci-après.

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Les migrations capillaires, une réalité de tous temps et tous pays

Dans toutes les sociétés, il se trouve des individus qui font souche loin de chez eux, pour les besoins du commerce, par goût de l'aventure, par rejet de l'oppression, par le hasard des rencontres et de l'amour... Ainsi des commerçants vénitiens s'établissaient-ils au Moyen Âge à la cour du Grand Khan, à Pékin, tandis qu'un aventureux Toulousain ramenait dans sa patrie une jeune épouse rencontrée sur les bords du Niger ! Au XVIIe siècle, des huguenots ont fui la France et se sont installés à Berlin ou même au Cap, en Afrique australe. À l'inverse, des Irlandais catholiques ont fait souche en France et même au sud des Pyrénées. Citons encore Marie Curie et Savorgnan de Brazza qui ont au XIXe siècle quitté leur pays pour servir et honorer la France.

Ces migrations à double sens sont essentielles à la circulation des idées et des techniques  et donc au progrès humain. Elles concernent néanmoins des flux réduits de personnes qui n'ont pas de mal à se fondre dans la population d'accueil de sorte qu'elles ne changent pas la nature des sociétés concernées. En cela, on peut les appeler « migrations capillaires » (ténues comme un cheveu) pour les distinguer des « migrations de peuplement » ou « de remplacement », caractérisées par des flux importants, localisés dans le temps et unidirectionnels... comme ci-après.

Colonisations de peuplement

Avant d'accueillir des nouveaux-venus essentiellement originaires d'Afrique et d'Asie, l'Europe contribua elle-même à peupler les autres continents. Du XVIe siècle au XXe siècle, nombre de ses habitants traversèrent les mers en quête de liberté et de mieux-être. On les évalue à cinquante millions sur quatre siècles, avec un pic dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Soulignons que ces colons ne furent pas « invités » par les autochtones des pays d'accueil mais par les colons déjà installés et désireux de consolider leur poids politique face auxdits autochtones (Amérindiens, Sibériens, Aborigènes etc) !

Après la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1974, le Vieux Continent connut encore une importante émigration, y compris et surtout à partir des Pays-Bas, des îles britanniques et de la Scandinavie. A contrario, l'immigration demeurait très réduite (travailleurs nord-africains en France, Moluquois et Guyanais aux Pays-Bas, Pakistanais en Angleterre, travailleurs turcs en Allemagne fédérale).

- migrations européennes

L'émigration européenne s'est dirigée quasi-exclusivement vers les marges de l'Occident, autrement dit vers des territoires à peu près vierges et seulement parcourus par des nomades. Il s'agit des deux extrémités du continent américain : l'Amérique du Nord, le rio de la Plata et le Brésil. Ajoutons-y l'Australasie (Australie et Nouvelle-Zélande), la Sibérie et également la pointe méridionale du continent africain.

Sur ces territoires, les Européens ont sans grande difficulté dominé les populations autochtones. Par leur arrivée en grand nombre, ils ont rapidement remplacé les populations autochtones, les exterminant ou les refoulant dans des réserves.

Ils ont par contre occupé en nombre beaucoup plus limité les régions andines et l'isthme d'Amérique centrale, car ils ont été confrontés dans ces régions à des sociétés pré-colombiennes fortement structurées, denses, sédentaires et maîtrisant l'agriculture.

Les Européens ont évité partout ailleurs les terres de vieilles civilisations non-occidentales, que ce soit en Asie, dans le monde islamique ou en Afrique intertropicale. Au temps de leur hégémonie planétaire, à la fin du XIXe siècle, ils ont pu les soumettre mais en réduisant leur présence à quelques poignées de cadres militaires ou civils destinés à encadrer les populations.

Ce processus n'a rien pour surprendre : depuis l'apparition de l'agriculture, il y a dix mille ans, les sociétés d'agriculteurs, bénéficiant de ressources abondantes et d'une forte fécondité, ont partout dans le monde repoussé et supplanté les chasseurs-cueilleurs avec lesquels elles sont entrées en contact.  

- migrations chinoises et japonaises

Les migrations des Européens sont de même nature que celles qui ont conduit les Chinois du Fleuve Jaune à coloniser leurs marges. Ce mouvement d'expansion se poursuit aujourd'hui avec la colonisation du Tibet et du Xinjiang, au détriment des populations locales et de leur culture.

Même phénomène, quoique à une échelle réduite, avec la colonisation par les Japonais de leur archipel au détriment des premiers habitants, des Aborigènes blancs, les Aïnous.

- migrations africaines

On peut rapprocher aussi ces migrations de celles qui ont conduit les noirs d'Afrique à sortir de leur foyer originel, le bassin du Niger.

Les noirs d'Afrique sont apparus comme tous les groupes humains modernes il y a environ 30 000 ans, à la suite de quelques mutations génétiques. À la différence des autres homo sapiens qui ont franchi l'isthme de Suez il y a environ 70 000 ans, ils n'ont pas connu de mélange avec les Néandertaliens qui vivaient alors au Moyen-Orient, mélange dont sont issues les actuelles populations eurasiennes (blancs, jaunes, dravidiens, mélanésiens...). 

Les noirs d'Afrique ont néanmoins acquis la maîtrise de l'agriculture il y a environ dix mille ans, en même temps que les habitants du Moyen-Orient. Bénéficiant de ce fait d'une forte fécondité, ils ont en quelques millénaires occupé toute l'Afrique intertropicale, sans dépasser la barrière du Sahara, en repoussant devant eux les populations aborigènes à peau cuivrée ou sombre qui y étaient établies (Khoisans, Pygmées, Hottentots). La destruction de ces populations autochtones, peut-être les plus authentiques représentants de l'homo sapiens originel, arrive aujourd'hui à son terme. On peut y voir le premier « génocide » de l'Histoire.

En ce XXIe siècle, les Africains franchissent pour la première fois de leur Histoire la barrière du Sahara et atteignent l'Europe occidentale. Ils sont entraînés par une fécondité exubérante et un grand appétit de vie qui a vu - et verra - leur population tripler ou quintupler en cinquante ans selon les pays. Cette migration reproduit d'une certaine manière les migrations des premiers homo sapiens qui, il y a 70 000 ans, ont traversé l'isthme de Suez pour former les populations actuelles d'Europe et d'Asie.

Le basculement de 1974

C'est en 1974, à l'issue des « Trente Glorieuses » (1944-1974), que L'Europe est devenue terre d'immigration, avec un solde net depuis lors positif (davantage d'entrées que de sorties). Auparavant, les entrées étaient limitées pour l'essentiel aux travailleurs algériens et turcs recrutés par les industriels français et allemands ainsi qu'aux rapatriements forcés liés à la décolonisation (Pays-Bas, France, Royaume-Uni).

Ce basculement est intervenu en même temps que s'est effondrée la fécondité des Européennes. Pendant la période antérieure, le Vieux Continent affichait une forte croissance économique mais aussi un indicateur conjoncturel de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) très nettement supérieur à 2 dans la plupart des pays et supérieur en France à ce qu'il est aujourd'hui en Turquie ou en Iran. C'était un signe de bonne santé sociale et de dynamisme. « N'y voyons pas un hasard !... note le philosophe Roland Hureaux. La société du baby-boom est la plus favorable qu'il y ait eu aux jeunes dans le partage de la richesse au cours du XXe siècle » (Le temps des derniers hommes, Hachette, 2000).

Mais le nombre de naissances a brusquement chuté à partir de 1974 dans presque tous les pays occidentaux, tout comme la croissance économique. L'indicateur de fécondité, qui avait atteint son maximum dix ans plus tôt, est tombé très vite au-dessous du seuil indispensable au remplacement des générations (2,1).

Aujourd'hui, dans certaines régions (Italie du nord, Allemagne orientale...), les couples ont en moyenne un enfant tout juste, ce qui implique une division par deux de la population en l'espace d'une vie. Très rares sont désormais les septuagénaires européens qui peuvent se flatter d'avoir une descendance complète (quatre petits-enfants)... Cette implosion démographique est en passe de briser la chaîne des générations par laquelle se sont transmises les connaissances et les valeurs qui ont fait la grandeur de l'Europe pendant un millénaire.

L'Europe au tournant

Depuis le basculement de 1974, les nouvelles migrations concernent l'Europe de l'Ouest mais aussi l'ensemble du monde occidental : l'Amérique du Nord et l'Australasie, sans compter l'Afrique australe et même, depuis peu, la Russie (*).

Nous sommes devant un phénomène radicalement inédit. En effet, il ne s'agit plus de migrations à l'intérieur d'une même aire de civilisation avec pour seul obstacle de rares populations nomades (Amérindiens, Aborigènes...) comme on l'a vu plus haut. Il ne s'agit pas non plus de migrations de voisinage comme on l'a vu des Espagnols chassés par le franquisme qui se réfugièrent en France, des Palestiniens qui ont fui Israël et se sont réfugiés dans les pays limitrophes ou des Syriens qui ont forcé leur frontière avec le Liban ou la Turquie.

Nous avons affaire désormais à des déplacements d'une aire de civilisation vers une autre. Ce sont des Orientaux, des Chinois et, de plus en plus, des Africains qui s'installent en Europe occidentale. Les pays d'où ils viennent souffrent d'instabilité et de l'absence d'État de droit mais ne sont pas pour autant démunis de ressources naturelles.

L'Afrique équatoriale dispose par exemple d'un fabuleux potentiel agricole et minier, autrement plus riche que celui de l'Europe, mais il est encore pour l'essentiel en jachère et reste à exploiter. Les bassins du Congo et du Nil ainsi que les plateaux kényans et éthiopiens pourraient sans difficulté nourrir tout le continent s'ils étaient exploités selon des méthodes intensives et raisonnées, à la façon de l'agriculture traditionnelle européenne ou chinoise. Mais l'incurie politique et l'explosion démographique détournent les jeunes Africains de ce travail. L'attraction de l'Europe est plus forte...

Qu'il s'agisse de l'Asie, du Moyen-Orient ou de l'Afrique, les régions de départ possèdent un héritage civilisationnel très riche dont leurs ressortissants ne sont pas prêts à se défaire à l'instant où ils débarquent sur le Vieux Continent, pas plus que les habitants de celui-ci ne sont prêts à renoncer à une identité qui a fait la grandeur de leur pays et fait encore leur bonheur. Ces réticences réciproques, au demeurant légitimes, ralentissent de plus en plus les processus d'intégration et d'assimilation.

Accélération au XXIe siècle

En Europe, si les immigrants extra-européens du XXe siècle - encore en nombre restreint - ont pu généralement s'immerger dans les sociétés d'accueil et s'y épanouir, il n'en va plus de même depuis le début du XXIe siècle du fait d'une accélération des flux et d'une nouvelle baisse de la natalité européenne.

Le solde migratoire annuel en Europe de l'Ouest est aujourd'hui d'environ 4 pour mille habitants selon le Population Reference Bureau (Washington, 2017). Le solde naturel est pour sa part égal à 0 pour mille (autant de naissance que de décès) et tous les pays européens, y compris la France, sont en-dessous du seuil indispensable au simple renouvellement de la population.

Le fait nouveau depuis le début du siècle est le développement des migrations irrégulières vers l'Europe, en provenance de pays parmi les plus démunis de la planète. Ces flux ont connu un pic en 2015 avec un total de 1 256 000 entrées irrégulières selon Frontex, qui se sont ajoutées aux entrées régulières.

Routes de la migration irrégulière vers l'Europe (Frontex, 2016)

La France, dans les quatre dernières décennies du XXe siècle, a accueilli bon an mal an une centaine de milliers de personnes par an. « Sans cette immigration, la population française métropolitaine aurait été moins nombreuse de 11% », note la démographe Michèle Tribalat (Les Yeux grands fermés, 2010).

Depuis lors, l'accélération est sensible et la France enregistre année après année plus de 200 000 entrées régulières, très majoritairement extérieures à l'Europe. Mais plus qu'en tout autre pays occidental, les démographes officiels font assaut de casuistique pour minorer le phénomène, jusqu'à évoquer un solde migratoire quasi-nul (*).

Solde migratoire en FranceC'est ainsi que François Héran évoque une stagnation des flux migratoires depuis le début du XXIe siècle et tient l'immigration pour un phénomène mineur dans la France contemporaine. 

À l'instar de ses collègues, ce professeur au Collège de France ne voit aucune différence de nature entre les migrations de travailleurs à l'intérieur de l'Europe et les migrations de peuplement venues d'Afrique ou d'Orient. Il considère aussi que la naissance sur le territoire national fait ipso facto de quiconque un citoyen lambda analogue à tous les autres par le seul miracle du « droit du sol ».

Démographie migratoire : l’exemple virginien

La Virginie illustre les conséquences d’une immigration exogène, même ténue. Au début du XVIIe siècle, la future colonie anglaise était alors peuplée d'environ cent mille Indiens avec une démographie stable (2500 décès par an et autant de naissances). Arrive un premier bateau avec cent couples de colons anglais et autant chacune des années suivantes. Chaque couple anglais engendre en moyenne quatre enfants.

Au bilan, les démographes observent un solde migratoire annuel d'à peine 2 pour mille, très inférieur à celui de l'Europe d'aujourd'hui. Ils observent aussi un solde naturel annuel de 4 pour mille grâce à 400 naissances supplémentaires qu'ils additionnent aux naissances indiennes en vertu du « droit du sol ».

Au bout de 30 ans, la Virginie compte encore 100 000 Indiens (oublions ceux qui sont tués par les colons ou choisissent l'exil) et déjà plus de quinze mille Anglais (environ 15% de la population totale). Ces derniers vivent à l'écart des Indiens, si l'on met à part quelques coureurs des bois mariés à des Pocahontas, et commencent à forger une nouvelle nation. C'est ce type de phénomène que des démographes comme le professeur François Héran tiennent pour mineur et peu signifiant.

Les migrations de peuplement, une réalité nouvelle en Europe

Deux aspects caractérisent les migrations d'aujourd'hui en Europe occidentale : le fait qu'elles relèvent de populations appartenant à d'autres aires culturelles et leur ampleur numérique.

• L'altérité culturelle, abordée plus haut, est généralement appréciée comme une source d'enrichissement malgré les difficultés qu'elle engendre.
• L'ampleur numérique est quant à lui occultée pour une raison tortueuse mais compréhensible : en niant contre l'évidence l'importance des migrations actuelles et les déséquilibres qu'elles engendrent, les classes dirigeantes et les leaders d'opinion se dispensent d'y faire face.

Notons que ce « négationnisme » les rapproche des... climatosceptiques qui échafaudent des théories fumeuses pour nier les causes évidentes du réchauffement climatique et n'avoir pas à modifier leur mode de vie. Selon une loi commune en Histoire, les hommes préfèrent généralement fermer les yeux sur les nouvelles menaces dans l'espoir qu'elles les épargneront sans qu'ils aient à se bouger.    

Pour le commun des mortels, il est évident que la population ouest-européenne change de visage mais aussi de mœurs. Au milieu du XXe siècle, beaucoup d'Européens ne connaissaient les Africains, Orientaux et Asiatiques qu'à travers les illustrations du dictionnaire. Nous n'en sommes plus là et les démographes les plus raisonnables envisagent que la moitié des naissances françaises pourraient, à l'horizon 2050, être le fait de familles extra-européennes.

En Île-de-France, des écoles et des collèges ont déjà un public presque exclusivement africain. Sur les marchés de Sarcelles ou Saint-Denis, il est difficile d'identifier dans la foule des personnes de type européen. Il s'ensuit une gêne chez les Européens qui se sentent étrangers sur leur sol mais aussi chez beaucoup d'immigrés aujourd'hui pleinement assimilés. Ceux-là ont autrefois fui une société archaïque et craignent aujourd'hui d'être rattrapés par elle. Ce n'est pas un hasard si la Corse mais aussi la Guyane et Mayotte, soumises à une immigration massive, figurent parmi les départements français qui ont donné le plus de voix à la candidate du Front National (extrême-droite) aux présidentielles de mai 2017 (*).

Contre cette réalité, il est de bon ton d'avancer que les immigrés et leurs enfants ont vocation à s'intégrer. Cela a été vrai et l'est encore pour bon nombre d'entre eux. Mais ça l'est de moins en moins. Par un phénomène bien naturel, les nouveaux arrivants rejoignent les diasporas déjà installées dans le pays d'accueil : « La présence de parents diminue grandement l’incertitude et le coût d’installation pour les migrants, qui bénéficient de leur accueil, aide à l’orientation... » observe l'africaniste Stephen Smith (La Ruée vers l'Europe, Grasset, 2018). Il s'ensuit la formation de communautés ethniques et une intégration à l'envers.

D'ores et déjà, la « crise des migrants » et les « ratés de l'intégration » (sécurité, éducation, logement) mobilisent les gouvernants ouest-européens, obligés de gérer dans l'urgence et l'improvisation les conséquences d'un phénomène qu'ils n'ont su ni voulu prévenir. Il s'agit de loger, éduquer, soigner et prendre en charge les nouveaux arrivants qui ignorent la langue nationale et les codes sociaux de leur pays d'accueil. Il s'agit aussi d'inventer pour eux des emplois à faible valeur ajoutée, sans profit pour l'avenir, afin de les socialiser autant que faire se peut. 

Les citoyens européens qui attendent de leurs élus qu'ils ouvrent de nouvelles voies de progrès sont priés de prendre patience. Ils devront patienter d'autant plus longtemps qu'en 2015, l'immigration irrégulière a brutalement dépassé toutes les prévisions avec plusieurs centaines de milliers d'arrivées en quelques mois. C'est l'amorce d'une rupture brutale, avec des conséquences incommensurables.

Joseph Savès
 

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La rupture de 2015

Publié ou mis à jour le : 2018-08-11 14:30:40

Historien de l'économie, je publie régulièrement des analyses et des éditoriaux sur le site Herodote.net.
J'ai réuni ici mes billets d'humeur sur l'actualité, mes analyses sur les échanges, la monnaie, les migrations, la construction européenne ainsi qu'un projet d'allocation universelle et une approche fiscale des enjeux environnementaux.
 


Parce que les besoins sont à la racine des échanges et de l'économie...
 

L'instrument de la solidarité et de la souveraineté
 

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Une échelle des prix insensée à l'origine du réchauffement climatique
 

Migrations préjudiciables à toutes les parties...
 

Et le rêve est devenu cauchemar...
 
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