Le blog de Joseph Savès
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Quel avenir pour la planète ?
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Climat

L'énergie au juste prix

Notre planète va mal. Mais malgré des indices convergents, une fraction importante de l'opinion publique et le gouvernement américain lui-même persistent à contester le réchauffement climatique et ses origines anthropiques.

Ils y sont encouragés par des faiseurs d'opinion soucieux de conserver leurs prébendes attachées à l'american way of life (énergie à gogo, agro-industrie intensive, délitement des villes, saturation automobile, ciel encombré...).

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Ce mode de vie insoutenable associe la prédation, façon chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, aux moyens techniques de l'ère nucléaire. Avec une capacité de destruction sans précédent, il tourne le dos à la gestion parcimonieuse des ressources naturelles, comme la pratiquaient les paysans d'Europe et d'Asie jusqu'au XXe siècle.

Empêtrés dans nos habitudes et aveuglés par nos présupposés politiques (ne surtout pas sacrifier « la croissance », « les emplois », « le tiers monde » !), nous n'imaginons même plus d'alternative.

Au contraire, nous envisageons d’étendre notre mode de vie à l’ensemble de l’humanité, en nous donnant bonne conscience avec des aménagements à la marge (développement des éoliennes et des voitures électriques) !

Au pire, nous attribuons la dégradation de notre environnement à la croissance démographique. Absurde. Si disparaissaient d’un coup les six milliards d’êtres humains les plus pauvres – et les plus féconds -, le réchauffement climatique ne ralentirait pas d’un iota. Si par contre disparaissaient les deux milliards d’habitants des pays les plus développés – et inféconds -, la planète retrouverait quasi-instantanément ses belles couleurs (mais les survivants retomberaient à l'ère préindustrielle) !

Au fond de nous-mêmes, nous savons tous que notre mode de vie n'est pas durable ni généralisable à l'ensemble de l'humanité. Un diagnostic clair va montrer comment y remédier sans douleur et même avec jouissance.

Une « taxe énergie » intégralement redistribuée

Notre addiction à l'american way of life est d'abord due au trop faible coût de l'énergie (carburants, fioul, électricité…). Depuis cinquante ans, il a plus ou moins diminué de moitié en valeur réelle par rapport à l’évolution générale des prix. 

Cette pression irrésistible en faveur des solutions les plus énergivores est un pousse-au-crime qui encourage la surconsommation et les gaspillages et que rien ne justifie : il y a mille et une façons d’entretenir la croissance et améliorer le bien-être de chacun sans pour autant détruire les ressources naturelles et brûler les énergies fossiles.

Non seulement les gouvernements sont complices de cette baisse tendancielle du prix de l'énergie qui sert les milieux d'affaires et calme les colères populaires mais ils mènent aussi des politiques publiques qui favorisent l'extension indéfinie des villes, la délocalisation des activités et l'agro-industrie prédatrice.

Un fois posé le diagnostic, les remèdes en découlent d'eux-mêmes comme vous le constaterez en conclusion de notre analyse : défaire toutes les législations qui encouragent la prédation (par exemple la destruction des sols naturels par la « rurbanisation ») et en premier lieu relever fortement le prix de l’énergie.

Pour cela, nous préconisons une solution incitative et même populaire : une taxe sur les énergies primaires toute entière redistribuée aux citoyens sous la forme d’une allocation forfaitaire. Ainsi chacun pourra-t-il librement arbitrer en faveur de consommations plus sobres sans altérer son bien-être. Au diable les fausses promesses des gouvernants, des élus et des affairistes sur les aides publiques à la « transition écologique », faisons confiance aux citoyens pour décider eux-mêmes de leurs choix de consommer plus ou moins « vert » sans perte de revenu.

Nous verrons qu'une taxe énergie de 50 centimes pour 10 kWh intégralement redistribuée rapporterait cent euros par mois à chaque citoyen ! Ainsi chacun pourrait-il couvrir aisément son supplément de dépenses et surtout se réorienter vers un mode de vie moins énergivore, pour le plus grand bénéfice de la planète. Il n'y manque que la volonté politique...

La taxe énergie redistribuée peut réconcilier les travailleurs, chômeurs et retraités confrontés aux difficultés de l'heure et les idéalistes pressés d'en finir avec un mode de vie insensé.

Les uns et les autres, « Gilets jaunes » etécologistes pourraient se concerter au niveau national et même européen pour exiger au moins, dans un premier temps, de taxer le kérosène et le carburant maritime au même niveau que les autres énergies et de redistribuer la recette à chaque citoyen sous forme d'allocation forfaitaire.

On entend d'ici les cris d'orfraie : « Comment ! Mais la détaxation du kérosène et du carburant maritime fait l'objet de conventions internationales ! » Ces conventions remontent à une époque où l'on méconnaissait le réchauffement climatique et où les industriels et les gouvernants voulaient à tout prix favoriser le transport aérien et maritime. Nous n'en sommes plus là.

Unis et résolus, en bloquant les ports et les aéroports, les citoyens européens peuvent obtenir de leurs dirigeants qu'ils dénoncent unilatéralement ces conventions, comme Washington a dénoncé les accords de Paris sur le climat (2015) ou encore le traité de dénucléarisation conclu avec l'Iran (2014). Cela serait le premier pas véritable vers le sauvetage de la planète. Est-il permis de rêver ?

Joseph Savès

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Demain ! une utopie séduisante et illusoire

Demain ! 8 mai 2016 : voici un film qui détonne dans la morosité ambiante.
Contre la consommation abusive d'énergies fossiles, il en appelle aux bonnes volontés individuelles et ébauche des alternatives souriantes avec de belles images de jardins maraîchers et des rondes d'enfants.
Une illusion trompeuse. On ne guérit pas d'une pareille addiction sans une action collective volontaire, qui passe en particulier par une révolution politique et fiscale...

Demain ! une utopie séduisante et illusoire


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Joseph Savès anime le groupe de réflexion Nos utopies avec, à ses côtés, un démographe et le créateur du site d'Histoire Herodote.net. Lui-même enseigne l'Histoire économique dans un institut supérieur des affaires en Suisse.

Il réunit ici ses billets sur l'actualité ainsi que ses analyses et ses propositions d'ordre politique. Utopiques parce que résolument décalées par rapport aux discours convenus, celles-ci n'en sont pas moins lucides, concrètes et réalisables.


 

Parce que les besoins sont à la racine des échanges et de l'économie...
 

L'instrument de la solidarité et de la souveraineté
 

L'Allocation universelle, une utopie fondatrice...
 

Une échelle des prix insensée à l'origine du réchauffement climatique
 

Migrations préjudiciables à toutes les parties...
 

Et le rêve est devenu cauchemar...
 
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