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Grève des ventres pour le climat

« Pourquoi faire des enfants ? »


Aux États-Unis émerge le rejet de la maternité pour des motivations écologiques. Ce rejet s'affirme dans certains cercles urbains, jeunes et diplômés, qualifiés de Gink (« Green inclined, no kids »). Il est sous-tendu par la question : « Pourquoi faire des enfants ? » (note). À quoi nous pouvons répondre par une autre question : « Pour quoi vivons-nous ? »

Notre confort d’urbain occidental n’est pas le fruit de nos mérites personnel mais de la quête de bien-être, beauté et harmonie par les générations qui nous ont précédées. Bien-être, beauté et harmonie n’ont de sens qu’à la condition de perdurer après nous parmi les gens à même d’en apprécier la valeur, dans notre lignée ou notre communauté de civilisation.

Les gens qui revendiquent de briser la chaîne des générations se comportent en producteurs-consommateurs sans autre but que la satisfaction de leurs pulsions immédiates et de leurs besoins physiologiques. Bons soldats de la société prédatrice qu’ils réprouvent, ils mènent le monde à l'abîme en servant l'enrichissement de la classe possédante sans réfléchir à l'avenir. Qu'ils se hâtent donc de jouir avant d'être rattrappés dans leur grand âge par la solitude et le vide qu'ils auront générés !

Plutôt que de renoncer à vivre et transmettre leurs acquis, les Gink et autres urbains privilégiés seraient bien aise de s'interroger sur la société à laquelle ils aspirent... et de réformer en conséquence la société actuelle. Ainsi verraient-ils qu'il y a des alternatives plus excitantes que leur sombre No future.

Aliénés

Le mal est profond et déborde le cas des urbains privilégiés. En ce début du XXIe siècle, dans les pays développés, en Europe occidentale comme en Amérique du nord et en Extrême-Orient, les jeunes gens des classes moyennes ont intériorisé les contraintes néolibérales et ne songent même plus à s'en libérer. Ils s'évertuent dès la sortie de l'adolescence à obtenir un statut social et les moyens financiers qui vont avec, sans s'interroger sur la finalité ultime de leur travail.

Cette course exténuante ne leur laisse pas le loisir de se poser et penser à leur vie affective. Celle-ci se résume à un ersatz de sexe : relations éphémères, vidéo, soirées folles ou gaies... Ils repoussent indéfiniment le moment de se poser et fonder une famille. Pas le temps. Pas l'argent (sécu, nounou, logement…). Pas le moment (carrière, avancement…).

Quand enfin ils ressentent le vide de leur existence et s'inquiètent de n'avoir pas d'enfants pour combler leur fond d'humanité, il est trop tard. Le stress urbain et professionnel ainsi que l'âge ont compromis leurs facultés reproductrices. Il faut alors se tourner vers des techniques médicalisées. C'est encore plus de stress et d'argent. Le piège se referme. Aigreur et solitude. Triste fin de vie.

Publié ou mis à jour le : 2020-11-05 16:15:15

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