Le blog de Joseph Savès
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Sur le vif

Idéologies

Une vision de la réalité qui fait fi de l'expérience


Les religions ont vocation à expliquer l'inexplicable - la souffrance, la mort, l'invisible, l'au-delà - et d'offrir un cadre rassurant aux hommes en soulageant leurs angoisses.

Les idéologies n'ont rien à voir avec cela. Elles désignent une interprétation de la réalité qui fait fi de l'expérience.

L'idéologie marxiste-léniniste, par exemple, se réfère à la division de la société en classes sociales, une réalité qui ne fait pas de doute, mais en tire l'idée que ces classes sont étanches l'une à l'autre et vouées à se combattre, jusqu'à la victoire finale de la classe ouvrière. Là, on est dans l'interprétation de la réalité. Plus encore quand on ajoute que ce combat passera par la nationalisation des biens de production et l'appropriation par la collectivité de la valeur ajoutée des entreprises, en vue d'une redistribution équitable entre les travailleurs. Cette interprétation fait fi de la réalité des échanges, des enjeux économiques et du fait que cette valeur ajoutée a une fonction indispensable au fonctionnement des entreprises. C'est  sur elle que l'on appuie pour investir de la façon la plus pertinente possible...

L'idéologie libre-échangiste ou mondialiste se fonde sur l'idée de Montesquieu que le doux commerce est bénéfique au bien-être des hommes et prévient les guerres. Mais cela n'est pas avéré par l'Histoire. Au contraire, les nations les plus commerçantes, comme les républiques italiennes, l'Angleterre ou les Provinces Unies, étaient furieusement combattives et agressives. D'autre part, elle passe sous silence un changement majeur contemporain : tandis qu'autrefois, le commerce international avait pour vocation d'apporter à chaque pays les biens qu'il n'était pas en état de produire lui-même (soieries, thé, tabac, coton...), il a désormais pour principale vocation de produire des biens ordinaires à moindre coût dans des pays pauvres, cela au détriment des classes ouvrières des pays plus aisés.

La théorie du genre est la dernière idéologie en date et sans doute la plus outrancière car elle touche non plus au corps social mais au corps humain lui-même. Elle prétend distinguer le genre du sexe, considérant que le sexe se réduit aux organes physiologiques naturels. Le genre masculin/féminin serait quant à lui une pure construction sociale. On ne naît pas femme ou homme, on le devient ! Quand on naît avec des organes sexuels masculins et que l'on se sent homme, tant mieux ; mais dans le cas où l'on se sentirait femme, on serait alors en droit de revendiquer un changement de genre. Le résultat, c'est que beaucoup d'adolescents et de jeunes gens mal dans leur peau se laissent convaincre que leur mal-être puise son origine dans un dismorphisme sexuel qu'il conviendrait de corriger par la chimie et la chirurgie. Tragique illusion qui fabrique des êtres mutilés et malheureux à vie. Car le changement de sexe reste dans tous les cas imparfait. Il prive en particulier le sujet de la faculté propre à tous les êtres humains de transmettre la vie. Il prive les femmes de la faculté de porter un enfant et les hommes de la faculté d'engendrer. Dans tous les cas, il n'est pas garanti que les sujets accèdent à la plénitude sexuelle espérée. La théorie du genre ignore des banalités d'évidence, à savoir qu'une femme se définit par la faculté de porter un enfant, un homme par la faculté de l'engendrer, en partage avec la femme. Elle ignore aussi des réalités moins évidentes, mises à jour par la génétique, par exemple la construction de la différence sexuelle dès les premiers jours de la conception. D'autres disciplines scientifiques concourent à montrer aussi des différences sexuelles en matière de sensibilité qui n'ont rien de culturel ou social, par exemple l'appétence plus fréquente des femmes pour les humanités que pour les sciences dures...

Publié ou mis à jour le : 2022-01-31 08:43:10