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Le monde comme il est

Le Grand Remplacement relve du constat


Il ne s'agit pas de se demander si le Grand Remplacement est un fantasme ou pas. Cette intuition du romancier Renaud Camus correspond une ralit d'aujourd'hui. Elle se traduit dans les statistiques : dans tous les principaux pays ouest-europens, dont la France, la population de souche europenne diminue cependant qu'augmentent trs rapidement, par la natalit et l'immigration les populations non-europennes, originaires d'Asie du Sud, du Moyen-Orient et surtout d'Afrique.

Avec une fécondité de un à 1,5 enfant par femme, les populations européennes vont voir leur nombre divisé par deux avant la fin du XXIe siècle - tout comme d'ailleurs les Japonais et les Coréens.

Dans ces pays, très peu de septuagénaires peuvent d'ores et déjà se flatter d'avoir quatre petits-enfants, soit le seuil nécessaire au renouvellement des générations... Dans les années soixante, à la suite du baby-boom consécutif au choc de la Seconde Guerre mondiale, les grands-parents devaient courir derrière leurs petits-enfants, au nombre de quatre à six, et s'initier à leurs jeux pour ne pas être dépassés ! Aujourd'hui, à l'inverse, l'enfant est seul, entouré de quatre grands-parents dont il doit supporter le rythme et la sollicitude.   

En remplissant les vides, l'immigration occulte en partie ce phénomène dans les pays ouest-européens. En effet, dès le milieu du XXIe siècle, la majorité des naissances y seront le fait de foyers « non-Européens », pour reprendre la terminologie du démographe François Héran.

La France métropolitaine n'est pas épargnée par la tendance. Le nombre de naissances y a chuté de 802 000 en 2010 à 720 000 en 2018. La tendance n'est pas près de s'inverser car, comme le rappelle le démographe Jacques Bichot, on est passé de 1 375 maternités en 1975 à 489 ! Dans le même temps, les décès sont en augmentation du fait de l'arrivée au grand âge des personnes nées après la Seconde Guerre mondiale. On en a compté environ 600 000 en 2018. La grande majorité de ces décès sont des personnes âgées nées en France métropolitaine et donc « Européens ».

Soulignons par ailleurs qu'une partie croissante des naissances sont le fait de ménages issus de l'immigration comme le confirment les chiffres de l’INSEE. Pour la France y compris les collectivités d’outre-mer, l'institut dénombre seulement 527 000 naissances pour lesquelles les deux parents sont nés en France sur un total 770 000 en 2017 (68,4 % du total). En 2010, ce pourcentage était 72,8 % ; et 77,6 % en 2000. Bien entendu, le pourcentage des bébés dont les quatre grands-parents sont eux-mêmes nés en France au milieu du XXe siècle, avant les grandes vagues d'immigration en provenance des autres continents, est encore plus bas.

Déduction faite des décès, le solde naturel des « natifs » est donc d'ores et déjà négatif en France comme dans les autres pays européens. Il l'est d'autant plus que de des jeunes Français en nombre croissant, diplômés et issus de ménages européens ou assimilés, émigrent à titre temporaire ou définitif vers des pays plus dynamiques, comme le Canada, les États-Unis ou la Suisse (ils étaient environ 60 000 en 2018).

Ce double mouvement démographique (dénatalité d'un côté, immigration de peuplement de l'autre) est sans précédent dans l'Histoire par son ampleur et sa rapidité. Il faut se référer aux « Grandes Invasions » du début de notre ère pour voir quelque chose de similaire mais les effectifs et les échéances étaient alors tout autre. Les « envahisseurs » étaient pour l'essentiel des populations européennes (Germains) riveraines de l'empire romain. Elles se sont installées à l'intérieur de celui-ci en l'espace de deux siècles, avec des effectifs qui n'ont jamais dépassé quelques centaines de milliers de personnes, pour un empire qui comptait plusieurs dizaines de millions d'habitants.

Le défi migratoire est devenu donc par la force des choses l'enjeu politique majeur de ces dernières décennies en Europe, auquel tout le reste est subordonné (politique sociale, géopolitique, citoyenneté et mémoire...). Le dilemme est simple : faut-il ou non se résigner au « Grand Remplacement » ?

- Si oui, comment le gérer pour que la disparition physique des Européens - notre disparition - se passe de la façon la moins indolore possible ? Devons-nous nous défaire au plus vite de notre Histoire, de notre culture et de nos valeurs ou au contraire les magnifier afin que les arrivants aient à coeur de les adopter ?

- Si non, quelle alternative proposer, autrement dit comment retrouver l'envie de nous perpétuer et échapper à la religion de l'instant ? Comment transmettre notre héritage, tout ce que l'on aime et à quoi l'on croit ? Sans un rebond de la natalité et de la vie, sans une foi renouvelée en tout ce qui compose l'héritage laissé par nos aïeux, la disparition de notre monde européen est inéluctable à très courte échéance et il ne sert à rien d'en accuser les immigrants. Ceux-là ne font qu'occuper les places laissées vides. Jusqu'aux églises appelées à devenir les mosquées et les temples des religions de remplacement.

En tant que groupe humain, civilisation et système de croyances et de valeurs, nous sommes morts et faisons mine de ne pas le savoir. D'une certaine manière, nous nous sommes suicidés. Il est possible que le coup fatal ait été porté en 1914, quand nous étions au sommet de notre puissance et avions trop présumé de nos forces. La suite n'a été depuis lors qu'une longue agonie entrecoupée de belles rémissions. Nous sommes maintenant en phase terminale. Sauf miracle... [En savoir plus]

Publié ou mis jour le : 2019-05-19 23:48:45

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