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Faillite de l'État

De la société de confiance à la société de vigilance


Terrible aveu que l’appel du président Macron à « bâtir une société de vigilance » pour faire face aux menaces islamistes et prévenir les attentats du type de celui de la Préfecture de Police (4 octobre 2019).

Notre civilisation européenne et occidentale a pu se développer au cours du dernier millénaire en cultivant des rapports de confiance entre les individus. On s’est accoutumé à considérer autrui avec un a priori bienveillant et ce fut la clé du progrès tant social qu’économique. La confiance est en effet un condiment indispensable dans les affaires. « On est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance », a pu écrire le cardinal de Retz, fin connaisseur en la matière.

La société de confiance, caractéristique de l’Europe occidentale, n’a pas surgi d’un coup. Elle a grandi en s’adossant à des institutions fortes, l’Église et l’État : la première pour fixer des limites aux droits de chacun, le second pour sanctionner les déviants. « Dans un pays où il y a des lois, la liberté consiste à pouvoir faire ce que les lois permettent, » résume Montesquieu en sage théoricien de la démocratie. 

Cette société de confiance a été le fruit d’un long effort. Au fil des quarante générations écoulées, les citoyens ont appris à civiliser leurs moeurs et notamment leurs relations avec les femmes sous la menace de sanctions légales, parce que chacun était assuré que la trahison de la confiance serait sanctionnée avec la plus grande rigueur. Ils y ont été conduits aussi et surtout sous la pression sociale, par la littérature et l’instruction.

Les violences et le harcèlement à l’égard des femmes sont ainsi devenus l’exception de même que la fraude fiscale ou les pratiques esclavagistes, alors que dans la plupart des autres aires de civilisation, ces pratiques sont la norme à moins d’une forte contrainte policière.Au XIXe siècle, en Angleterre, la justice envoyait ainsi à la potence de simples voleurs (on comptait jusqu'à trois fois plus de pendaisons que d’homicides crapuleux). Sous l’Ancien Régime, en France comme ailleurs, les faux-monnayeurs étaient aussi condamnés à la mort, parfois agrémentée de supplices divers, parce qu’en falsifiant la monnaie, ils portaient atteinte au coeur de la société de confiance, la monnaie sans laquelle il n’y a plus d’échanges loyaux.

Aujourd’hui, en appelant à l’établissement d’une société de « vigilance », le président ne se contente pas d’entériner la mort de la société de confiance. Il en appelle à son exact opposé. Si la méfiance est la négation de la confiance, la vigilance est son opposé :
• Se méfier d’autrui, c’est s’abstenir de toute relation avec lui pour éviter des ennuis,
• Être vigilant envers autrui, c’est se convaincre que l’absence de relation et l’indifférence ne suffisent pas à garantir notre tranquillité ; il faut aussi être conscient qu’autrui peut délibérément nous agresser et qu’il importe donc de suspecter chacun a priori.

Autant dire que le « vivre-ensemble » dont on nous rabat les oreilles nous promet de belles empoignades !

Insensiblement mais très vite, notre société se barbarise par un double effet :
• Une rupture civilisationnelle : la mondialisation néolibérale a réduit à néant la culture de l’écrit et la transmission des savoirs par l’école)
• L’irruption de nouvelles pratiques amenées par l’immigration : la constitution d’enclaves africaines et musulmanes  dans lesquelles les différentes ethnies ont perdu leur cohésion originelle et ne sont plus liées qu’à minima.

C’est ainsi que nous acceptons aujourd’hui des taxis conduits par des femmes et destinés seulement à des femmes, en attendant des piscines réservées aux femmes, tout comme nous tolérons l’exploitation de pauvres hères dans les chantiers, entrepôts et services à la personne, premier pas vers le retour de l’esclavage dans une société complètement racialisée, où la hiérarchie se fondera pour l’essentiel sur la couleur de peau et l’origine ethnique….

Sans que nous y prenions garde, ces formes de vie sont en passe de devenir notre quotidien et de se substituer aux mœurs civiles et aux relations de confiance qui ont permis l’émergence de la civilisation occidentale.

Publié ou mis à jour le : 2020-11-05 11:32:59

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